Le "déicide" (la crucifixion de Jésus)

L'idée selon laquelle les Juifs ont été les assassins de Jésus a justifié des siècles de persécutions antijuives.

 

Elle est apparue chez plusieurs Pères de l'Eglise entre le IIe et le Ve siècle. Sous l'influence de courants grecs, un argumentaire violemment antijuif s'élabore en vue de disqualifier le judaïsme. L'Eglise prétend avoir remplacé Israël et les déportations sont la marque du châtiment divin.

 

Au IVe siècle, Jean Chrysostome parle des Juifs comme "hostiles à Dieu" et développe le concept de "déicide" (assassin de Dieu). En latin, le terme est utilisé pour la première fois par Pierre Chrysologue au Ve siècle. Les Juifs seraient non seulement responsables de la mort de Jésus, mais ce dernier a également été trahi par Judas pour de l'argent (voir l'argent* et les Juifs).

 

C'est cette accusation qui a donné lieu, au cours des siècles suivants, aux grandes entreprises d'humiliation des Juifs par les Chrétiens, avec les spoliations, les déportations et les exterminations.

 

Au XVIe siècle, le Concile de Trente a tenté de remédier au problème en affirmant que "le crime de la crucifixion de Jésus est plus gravé en nous, Chrétiens, qu'il ne le fut dans les Juifs… car nous le confessons comme Seigneur et nous le renions par nos actes, et portons sur lui des mains violentes". Le texte précise encore que le Christ est mort "au moment où il avait décidé lui-même de mourir, et par consentement intérieur". Ce texte vieux de quatre siècles qui disculpe les Juifs n'a eu aucun effet sur les masses peu éclairées, dont les guides ont continué à nourrir la haine des Juifs de cette accusation.

 

La responsabilité collective des Juifs dans la mort de Jésus a été démentie en 1965 seulement, avec la déclaration du Vatican "nostra Aetate"

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