Jan

22

2013

Deuxième journée de formation pédagogique à destination des enseignants

Aujourd’hui, les enseignants de Genève assistent à la deuxième journée de formation pédagogique sur le thème de l’histoire de la Shoah et la position de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale. Le point avec Johanne Gurfinkiel, Secrétaire général de la CICAD.

 

La deuxième journée de formation destination aux enseignants de Genève sur le thème de l’histoire de la Shoah et la position de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale a lieu aujourd’hui.  Au cours de ce séminaire qui se déroule sur deux jours - les 21 et 22 janvier à Genève - une dizaine d’historiens et pédagogues suisses et français interviennent. Hier, dans son introduction, Alain Bruno Lévy, Président de la CICAD, a tenu à souligner l’importance de ce séminaire qui répond aux objectifs pédagogiques que la CICAD développe tout au long de l’année pour les élèves et enseignants de Suisse romande. Revenant notamment sur le voyage annuel à Auschwitz-Birkenau, il a rappelé que « ces voyages ont été organisés pendant de nombreuses années avec le privilège de la présence des témoins de la Shoah. Mais dès lors que ces témoins disparaissent, c’est dire combien il est difficile de parler de cette période nazie. C’est un défi que de transmettre et d’enseigner l’Histoire à laquelle la Suisse a été épargnée et pourtant, à laquelle elle aussi participé », a déclaré Alain Bruno Lévy, en faisant référence notamment au Rapport Bergier.

 

Lors de la première journée de formation, la thématique portait sur L’Allemagne nazie et les Juifs, de la haine au meurtre. M. Johann Chapoutot, historien et maître de conférence à l’Université de Grenoble, est intervenu sur « la langue nazie, l’arme mentale du crime ».

© CICAD

 

M.Georges Bensoussan, historien et rédacteur en chef de la Revue d’histoire de la Shoah a abordé les racines idéologiques du nazisme.

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M. Tal Bruttmann, historien auprès de la Ville de Grenoble a parlé des politiques nazies de répression et de déportation, et enfin, les étapes de la « Solution finale », un thème développé par M. Alban Perrin, coordinateur de la formation au Mémorial de la Shoah et chargé de cours à Sciences PO Bordeaux.

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Aujourd’hui, la seconde journée de formation est consacrée à la Suisse face au sort des juifs européens pendant la Seconde Guerre mondiale. Mme Laurence Leitenberg, docteur en histoire économique et sociale de l’Université de Genève et auteur de l’ouvrage « La population juive des villes d’Europe » (éditions Peter Lang) parlera de la vie juive en Suisse.

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Qui savait quoi et qui a fait quoi pendant la Shoah ? MM. Philippe Boukara, historien et formateur au Mémorial de la Shoah ainsi que Marc Perrenoud, historien au Département fédéral des affaires étrangères, répondront à cette question tout en abordant le cas de la Suisse.

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François Wisard, chef du service historique du Département fédéral des affaires étrangères et auteur de l’ouvrage « Les Justes Suisses », édité par la CICAD en 2007, mettra en avant le courage des Justes de Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale.

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Enfin, enseigner la Shoah aux élèves pose certaines problématiques et difficultés auxquelles des propositions pédagogiques peuvent être apportées. Pour y répondre, une table ronde sera animée par Mme Valérie Opériol, enseignante d’histoire et formatrice à l’IUFE, ainsi que M. Christophe Tarricone, professeur agrégé d’histoire et formateur au Mémorial de la Shoah.

 

© CICAD

 

INTERVIEW

4 questions à Johanne Gurfinkiel, Secrétaire général de la CICAD :

Quel est l’objectif de ces formations ?

« Il s’agit d’une avancée notable dont l’objectif est d’être consolidé pour les prochaines années, en proposant ce programme à l’ensemble des enseignants des cantons romands. Il s’agit également d’une étape importante pour la CICAD qui accroît ainsi son offre de service qu’elle propose aux établissements scolaires ». 

 

Quel est le public concerné par ces formations ?

« Nous ciblons en priorité les maîtres d’histoire ainsi que ceux de sciences humaines du PO, du CO et de l’EP. L’objectif est de développer leur connaissance sur les sources de l’antisémitisme, de l’idéologie nazie et de l’histoire de la Shoah, en ayant une approche sur la position de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale ».

 

Sur quoi portent les cours ?

« Hier, les intervenants ont abordé la question de l’Allemagne nazie et des juifs, en développant l’antijudaïsme au Moyen Age et jusqu’au 19ème siècle, l’antisémitisme moderne, l’idéologie nazie, les politiques nazies de déportation et les étapes de la solution finale.

Aujourd’hui, pour le deuxième jour de formation, les cours sont liés à la Suisse face au sort des juifs européens pendant la Seconde Guerre mondiale. D’autres termes seront abordés : la vie juive en Suisse, le rapport Bergier, les Justes de Suisse. La journée se terminera sur les problématiques, les difficultés et les propositions pédagogiques pour enseigner l’histoire de la Shoah aux élèves. »

 

Selon vous, que peuvent apporter ces nouvelles formations aux enseignants ?

« Elles répondent à un besoin exprimé par l’administration d’offrir des formations spécifiques aux enseignants. Une initiative qui mérite d’être saluée et démontre la place particulière qu’occupe désormais la CICAD dans le monde de l’éducation. Ces formations démontrent surtout la prise de conscience qu’il existe dans la direction de l’enseignement pour appréhender les questions de l’enseignement de l’Histoire face à des problématiques nouvelles et les approches pertinentes qui doivent être envisagées.»

 

Par Elodie B pour la CICAD, 22 janvier 2013.

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