Feb

08

2017

« Cette formation permet aussi aux enseignants d’aborder l’actualité à laquelle les jeunes sont confrontées et s’interrogent. Une actualité parfois source de préoccupation pour la CICAD. » Johanne Gurfinkiel, Secrétaire général de la CICAD

C’est avec un vif intérêt pour la Seconde Guerre mondiale et le nazisme que les enseignants se sont rendus au deuxième jour de séminaire de formation de la CICAD à Sion dans le Valais.

La première partie de la journée fût consacrée à la Suisse et la Seconde Guerre mondiale. Marc Perrenoud, Collaborateur du Service historique du Département fédéral des affaires étrangères et ancien Conseiller scientifique de la Commission Bergier, a débuté la matinée en évoquant le rôle de la Suisse confrontée à la politique nazie d’extermination des juifs, les lois et dispositions prises dans le cadre de l’accueil de réfugiés ou du refoulement. Il fut succédé par Nadine Fink, chargée d’enseignement et de recherche à la Haute école pédagogique de Vaud, qui au travers de nombreux exemples et séquences de films, fit un exposé sur les nombreuses personnes qui ont témoigné de leur vécu en Suisse pendant la guerre. Des témoignages précieux qui ont mis en exergue des visions et compréhension contrastées de la situation en Suisse et de ce qui se déroulait en Europe.

Les thèmes du nazisme et de l’antisémitisme furent traités lors de la seconde partie de la journée avec deux experts francophones. Tal Bruttmann, Historien rattaché à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) en France, évoqua l’antisémitisme au cœur du nazisme.

Puis Joël Kotek, Maitre de conférences en histoire contemporaine à l’Université Libre de Belgique, enseignant à l’Institut d’études politiques de Paris, pris la parole pour parler de l’antijudaïsme et de l’antisémitisme sous le prisme des cartes postales diffusées avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ce premier séminaire proposé dans le Canton du Valais fut très apprécié par les enseignants et par le département de la formation et de la sécurité (DFS) comme l’a rappelé Jean-Philippe Lonfat, chef du Service de l'enseignement.

Pour Johanne Gurfinkiel, Secrétaire général de la CICAD, ces deux jours de formations sont essentiels et suscitent une nouvelle fois un vif intérêt de la part des enseignants au regard de leurs questions et participations actives.« Au-delà de la question historique, cette formation permet d’affiner les connaissances grâce aux intervenants présents ; les experts sur ces questions dans l’espace francophone. Cette formation permet aussi aux enseignants dans le cadre de leurs activités professionnelles de contextualiser et d’aborder l’actualité à laquelle les jeunes sont confrontés et s’interrogent. Une actualité parfois source de préoccupation pour la CICAD. Notre rapport sur la situation de l’antisémitisme en 2016 publié la semaine passée montre une très nette résurgence de l’extrême droite et des théories négationnistes en Suisse. La Valais n’étant pas épargné. Des procédures judiciaires sont en cours et nous constatons une activité des milieux racistes et antisémites qui s’est développée, surfant sur de nombreux sujets de société et des troubles économiques. La CICAD sera toujours présente aux côtés des enseignants pour les aider face à des situations de discrimination auxquelles ils pourraient être confrontés. »

 

Marc Perrenoud, Collaborateur du Service historique du Département fédéral des affaires étrangères et ancien Conseiller scientifique de la Commission Bergier.

 

Nadine Fink, chargée d’enseignement et de recherche à la Haute école pédagogique de Vaud.

Tal Bruttmann, Historien rattaché à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)