Dec

16

2016

Légale, la vente d’objets nazis à la Bourse aux armes fait grogner

Des équipements de la SS et de la Wehrmacht exposés sur un stand. Rien d'interdit, mais l'organisateur sera rappelé à I'ordre.

La petite collection a surpris certains visiteurs, ce week-end à Beaulieu. Plusieurs objets liés au régime nazi étaient en effet visibles sur l'un des stands de la Bourse aux armes de Lausanne. Une casquette de la SS, des casques de motards de I ‘organisation paramilitaire Nationalsozialistische Kraftfahrkorps (NSKK) ou encore une veste de soldat d'infanterie de la Wehrmacht.

« S'agissant de la vente d'objets nazis dans un lieu Public, ou on la considère comme étant une simple vente et elle est légale, ou on la considère comme un acte de Propagande en soi et elle est illégale, explique l'avocat Mark Barokas, se référant à I'article 261 bis du Code pénal. C'est un Peu de l’hypocrisie car, du fait des symboles observés, il y a propagation d'une idéologie raciste. C'est un élément constitutif objectif d'infraction punie par la loi pénale. »

A Lausanne, le bannissement de tels symboles n'est plus à l'ordre du jour depuis octobre 2008 et le rejet par le Conseil communal d'une proposition réclamant « l’interdiction de manifestations permettant l’apologie de régimes totalitaires ». Le municipal Pierre-Antoine Hildbrand Prend néanmoins I ‘affaire au sérieux « A ma connaissance, l’organisateur est censé faire la police dans sa manifestation et je n'arrive pas à m'expliquer que nous soyons à nouveau confrontés à ce problème, tonne-t-il. En lien avec la police du commerce, je vais voir quels engagements ce dernier avait pris car ça correspond assez mal à I ‘image apaisée qu'il voulait donner ». De son côté, l'organisateur plaide la bonne foi. « En principe, nous refusons ce genre de présentation, sauf l'aigle car c'est historique. Mais au milieu des 11O exposants, celui-ci est passé entre les mailles de nos filets. Nous sommes attentifs mais il arrive que les vendeurs fassent évoluer leur stand durant les trois jours de la manifestation », souligne le directeur de Ia Bourse Edouard Debétaz.

Ce n'est pas la Première fois que l'événement est pointé du doigt sur ce plan. En 2009, Par exemple, 24 heures avait déjà évoqué la présence d'objets nazis sur plusieurs stands. « C'est très régulier et, au-delà de la question légale, il y a une question éthique et morale, insiste Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (Cicad). En Suisse, il n'y a pas de législation sur les symboles extrémistes, nous revenons souvent sur le sujet mais la réponse est <non à la sanction, oui à l'éducation>, Or, cela reste un vœu pieux de nos autorités. ».

 

 

Source : 24heures, 16 décembre 2016

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