Nov

18

2015

« Je n’étais plus que le 27240 stück du convoi des 27 000 de Ravensbruck pour les Nazis.» Noëlla Rouget, résistante Française.

A plus de 95 ans, Noella Rouget, vive d’esprit, est impressionnante et suscite l’admiration de ceux qui ont l’opportunité de l’écouter.  Cette ancienne résistante et amie de la nièce du général De Gaulle a participé aux séances préparatoires de la CICAD sous l’œil admiratif d’une centaine d’élèves et enseignants de l’école Moser puis de l’Ecole internationale.

Avec un engouement sans faille, elle rencontre les jeunes générations depuis de nombreuses années et livre son témoignage exceptionnel pour les convaincre de devenir à leur tour le relais de sa terrible histoire. « Nous comptons, nous rescapés, sur les jeunes pour qu’ils n’oublient pas leur devoir de citoyen et qu’ils luttent pour les droits de l’homme. Des droits dont j’ai tant rêvé lors de ma déportation à Ravensbrück. »

C’est avec une désarmante facilité à témoigner de l’abomination concentrationnaire, que Noëlla rouget explique devant un auditoire fasciné, dans les moindres détails, sa résistance dans une France sous occupation nazie en distribuant des tracts ou en livrant des armes, puis son arrestation par la Gestapo qui la conduira dans un premier temps en prison et au camp de concentration. « Je n’étais plus que le 27240 stück du convoi des 27 000 de Ravensbruck pour les Nazis.»  Noëlla Rouget fait alors revivre aux élèves l’appel dans le froid et la nuit avec l’interdiction de bouger pendant des heures, les rationnements de nourriture, les multiples souffrances psychologiques et physiques infligées par ses bourreaux et les rares moments entre déportées à l’abri des nazis pour prier et se donner du réconfort. Elle sera libérée en 1945 avec 300 autres femmes lors d’un échange avec des prisonniers allemands. Des explications qui retiennent toute l’attention de l’auditoire pendant plus d’une heure et demie. 

Comme à chaque fois, les élèves ont montré un réel intérêt, soucieux d’en apprendre davantage. A l’école Moser, ils ont souhaité obtenir plus de précisions sur son vécu concentrationnaire. Quelles étaient ses tâches quotidiennes dans le camp de Ravensbruck ? Ce qui lui a permis de garder espoir jusqu’à la fin de la guerre et si parmi les nazis qui l’entouraient certains faisaient preuve de compassion à son égard. A l’école internationale, les élèves ont axé leurs questions sur l’après-guerre. Qu’a-t-elle fait une fois libérée ? Quel a été son accueil en France et que pense-t-elle des nombreux films réalisés sur les camps de concentration. « Reflètent-ils ce que vous avez vécu ? Sont-ils proches de la réalité ?» Des questions très pertinentes auxquelles Noëlla Rouget a répondu avec toujours autant de patience et d’envie d’expliquer.

Une rencontre qui a marqué tant les enseignants que les élèves, en témoigne Ronn Alastair, enseignant en physique à l’école internationale « Mes élèves étaient très intéressés. Une personne racontant de tels événements aura toujours plus d’impact que la lecture d'un livre. Je reste fasciné par le récit de Mme Rouget, de ses expériences. Les élèves sont restés attentifs tout au long de son témoignage. » Sa collègue Beatrice Hoesli, enseignante en Arts visuels, poursuit « J’ai été très touchée par son témoignage. Ce moment restera certainement un des instants inoubliables de ma vie, car Madame Rouget a parlé avec force, calme, précision, droiture, décrivant l'inimaginable avec des mots simples, directs. Pas de haine, ni d'esprit de vengeance, mais une volonté de garder en vie la mémoire des faits, et de transmettre la vérité aux générations futures. Sa volonté aussi longtemps que possible de témoigner de toutes ces horreurs est impressionnante, car l'on ressent ce besoin vital de partager ce vécu avec les jeunes gens d'aujourd'hui, les adultes de demain, pour ces horreurs ne se reproduisent jamais. » et son collègue Stephen Preece, enseignant en art, de conclure « nous nous sentons à présent l’obligation morale de transmettre son histoire.»

 

Noëlla Rouget à l'Ecole Moser le 27 octobre 2015

 

 

Noëlla Rouget à l'Ecole internationale le 17 novembre 2015

 

 

Source : CICAD, 18 novembre 2015

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