Nov

18

2014

«A l’heure où disparaissent les derniers témoins des camps de concentration, une idée nous réconforte celle de l’existence de milliers de jeunes qui deviendront le relais de notre tragédie.» Noëlla Rouget, Résistante et déportée du camp de Ravensbruck

«Je vous remercie de votre attention car ce ne sont pas des choses faciles à entendre. Nous aurions pu ne jamais nous rencontrer car Himmler, ami d’Hitler et chef des camps de concentrations avait donné l’ordre de tuer tous les prisonniers. Ce plan fut arrêté et je suis la devant vous avec l’impétueux besoin de parler et rendre hommage à tous ceux qui sont restés dans les camps pour expliquer toutes les souffrances subies. » C’est devant plus de 70 élèves et enseignants de l’Ecole Moser, dont certains participeront à la journée d’étude de la CICAD du 26 novembre prochain à Auschwitz-Birkenau, que Noëlla Rouget a débuté son récit ce lundi 17 novembre.

Rescapée du camp de Ravensbrück en Allemagne, cette ancienne résistante française a par son témoignage captivé les élèves. Dans les moindres détails elle a ainsi expliqué son combat dans la résistance dans une France sous occupation nazie en distribuant des tracts ou en livrant des armes sans le savoir, puis son arrestation par la Gestapo qui la conduira dans un premier temps en prison et dans un camp de concentration. Parmi les nombreuses explications fournies de son vécu concentrationnaire, celle du déroulement d’une journée au sein du camp a retenu particulièrement l’attention de la salle. Heure par heure, Noëlla Rouget a fait revivre aux élèves l’appel dans le froid et la nuit avec l’interdiction de bouger pendant des heures, les rationnements de nourriture, les multiples souffrances psychologiques et physiques infligées par ses bourreaux et les rares moments entre déportées à l’abri des nazis pour prier et se donner du réconfort. Elle sera libérée en 1945 avec 300 autres femmes lors d’un échange avec des prisonniers allemands.

Face à un tel témoignage, les élèves avaient beaucoup de questions à la fois sur sa libération en 1945 mais aussi son retour à une vie dite « normale ». Qu’est-ce qui vous a permis de garder l’espoir dans le camp ? Si vous aviez su ce qui vous attendez, auriez-vous été résistante ? Etes-vous restée en contact avec d’autres résistants? Qu’avez-vous fait, une fois libérée ? Des questions auxquelles cette rescapée a répondu avec toujours autant de patience et d’envie d’expliquer.

Noëlla Rouget terminera son témoignage par un message fort aux jeunes générations. « A l’heure où disparaissent les derniers témoins des camps de concentration, une idée nous réconforte celle de l’existence de milliers de jeunes qui deviendront le relais de notre tragédie. J’en appelle à votre vigilance car si Auschwitz a existé, Auschwitz est en encore possible tant que règne dans le monde la violence, la haine de l’autre et la discrimination. Il faut se rappeler que c’est en seulement quelques années qu’Hitler a transformé des citoyens en une cohorte d’assassins. Négliger votre vote c’est laisser la place à des citoyens tentés par des régimes d’oppression. Ayez à cœur de participer à un projet humaniste dont nous avions tant rêvé dans les camps.»


           

 

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