Témoignage de M. Zvi Michaeli - septembre 1945

Un tragique épisode de la vie des camps de concentration.

 

Sur ce que fut notre vie pendant toute la durée de la guerre dans ce nouvel enfer qu'on a appelé le camp de concentration, beaucoup déjà a été écrit, beaucoup se prépare encore à paraître et beaucoup surtout a été colporté de bouche en bouche. Tout cela a pu donner une idée plus ou moins évasive de notre vie aux heureux de ce monde qui sont restés loin de ces lieux maudits, loin de cet Enfer qu'aucun nouveau Dante ne pourra assez bien décrire.

 

Notre nouvelle vie, la bienveillance et la sollicitude qui nous entourent depuis notre libération nous font déjà oublier peu à peu nos souffrances et nos martyres. L'image du camp de concentration commence à s'estomper avec le temps. Certains épisodes pourtant de cette période de notre vie, les plus tragiques, restent à jamais gravés dans notre mémoire et la fuite des années ne pourra jamais les effacer dans tous leurs tristes détails.

 

C'est justement un de ces épisodes que je voudrais relater dans ces lignes qui manquent certainement de talent descriptif, attendu que le signataire n'est ni poète, ni narrateur.

 

Début de Janvier 1945…
La nouvelle année qui commence s'annonce la plus désastreuse pour les Allemands, fatale peut-être, qui sait ?

 

La débâcle qui a commencé avec la défaite sanglante de Stalingrad et qui continue lentement mais progressivement présage la chute prochaine de la clique d'Hitler. On sent dans l'air que la folie belliqueuse des Nazis touche à sa fin.

 

Malgré la surveillance rigoureuse des SS, des nouvelles de la guerre nous arrivent par colportage dans le camp de Burra tout près d'Auschwitz où je me trouve. Notre voisinage constant avec des ouvriers civils libres dans la colossale agglomération de fabriques où nous travaillons rend plus facile notre contact avec le monde extérieur. Deux raids terribles de la puissante aviation anglo-américaine ont déjà suffi à arrêter toute production et à anéantir toute activité dans les dites fabriques. Les Anglo-Américains sont maîtres de presque toute la France…

 

Les Russes avancent irrésistiblement et se trouvent depuis quelque temps déjà à cent kilomètres à peu près de nous… Depuis longtemps déjà les Allemands se tiennent seulement sur la défensive et n'osent plus risquer aucune attaque… Et soudain vers le 10 janvier, l'heureuse nouvelle qui décidera enfin de notre sort : les Russes ont déclenché une terrible et foudroyante offensive de notre côté. Notre libération n'est plus qu'une question de jours… Hélas ! il était écrit que nos souffrances ne devaient pas encore toucher à leur fin. Le 15 janvier une rumeur se répand comme une traînée de poudre dans tout le camp : on sera évacués demain ou après-demain !


On nous distribue au hasard divers effets d'habillement. On se bat pour attraper quelque chose sans trop savoir à quoi cela pourra servir. La cuisine vide tous ses dépôts. On nous distribue sans ordre, à la hâte, du pain, de la soupe, un peu de margarine. Des provisions pour 4 jours dit-on. Avides, nous avalons tout en un seul coup sans songer qu'avant 5 jours, aucune nourriture ne nous sera distribuée.

 

17 Janvier, 4 heures de l'après-midi. Rassemblement, crie-t-on de toutes parts. Pendant trois heures, les SS nous comptent, nous groupent par centaines, s'entretiennent… A 7 heures le signal du départ est donné. La tragédie commence… A pied, chaussés de sabots rudimentaires, traînant avec nous des boiteux, des malades non encore rétablis, on nous fait parcourir d'une traite, sans halte de longue durée, 70 kilomètres pendant 2 nuits et une journée. Les malades se trouvant à l'hôpital du camp ont été abandonnés à leur sort, sans nourriture, sans soins. Les rumeurs les plus fantaisistes courent à leur sujet. Certains prétendent qu'ils auraient été brûlés vifs avec toutes les baraques qui formaient le camp. D'autres qu'ils auraient été gazés ou achevés à coups de revolver.

 

Le froid est rigoureux. La neige couvre les bordures du chemin. La route est glacée. Par intervalles, il neige encore. Nous marchons sans arrêt avec nos couvertures sur les épaules. Le long de la route, par groupes de 3 à 4, les malades, les boiteux, les plus faibles se couchent sur la neige et refusent d'avancer. Ils sont abandonnés à leur sort ou achevés à coups de pied par les SS ou les Capos. Pendant les courtes haltes personne n'ose s'asseoir sur la neige, chacun se rendant compte que celui qui tombe ne se relève plus. Les victimes de cette première étape du transport se comptent par centaines.

 

Nous arrivons enfin au camp dit "Gleiwitz" où on nous distribue un peu de pain et un morceau de saucisson dans l'obscurité avec force coups de matraque. On se vole mutuellement les portions tels des loups affamés. Une journée et une nuit de repos nous sont accordées, mais le camp étant déjà plein, plusieurs d'entre nous sont contraints à coucher dehors. Ils sont retrouvés le lendemain gelés devant les portes des baraques.

 

Nous étions partis neuf mille de Monowitz (Buna). Un premier transport de quatre mille hommes est expédié par train à la tombée de la nuit. Que sont devenus ces 4000 hommes ? Où ont-ils été envoyés ? Nul ne l'a jamais su. Aucun d'eux n'a été ultérieurement retrouvé, aucun renseignement concret n'est parvenu à leur sujet.

 

Au petit jour, les restants sommes conduits à la gare où on nous entasse dans des wagons à bestiaux complètement découverts, à raison de 100 à 140 par wagon. Nous avons tout juste assez de place pour nous tenir debout, collés les uns aux autres. Les wagons sont mouillés et il neige par dessus le marché. Pendant 9 jours nous devrons rester dans ces maudits wagons, abandonnés à nous-mêmes, sans nourriture, sans eau, sans rien. Les plus forts se disputent les places les plus confortables tout autour de la cloison, les autres sont bousculés au milieu pêle-mêle, en tas, têtes et jambes mêlées.

 

Pendant le jour il fait clair, on s'arrange, on s'accommode, on tâche de ne pas se marcher dessus. Mais la nuit, le spectacle est terrible. Dans l'obscurité, les plus forts assomment les plus faibles. Malheur à celui qui, harassé de fatigue, à bout de forces se laisse choir à terre. Vingt corps aussitôt tombent sur lui, l'écrasent et la mort par asphyxie survient. Des jurons, des cris, des plaintes, des rixes éclatent dans tous les coins. On doit rester debout ou recroquevillé sur ses genoux si on veut vivre. Chacun se soulage de ses besoins les plus naturels dans sa gamelle qu'il lance après par dessus la cloison. La faim ne se fait pas trop sentir, personne n'a envie de manger mais tout le monde a terriblement soif. Les SS n'ont pas songé à nous donner de l'eau. Le seul moyen qui restait à notre disposition pour dessécher notre palais était le suivant. On unissait ensemble plusieurs ceintures, courroies, ficelles pour en faire une sorte de corde au bout de laquelle on attachait une gamelle portative. Tenant la corde par un bout, on lançait la gamelle par dessus la cloison du wagon pour pêcher un peu de neige du bord de la voie ferrée. Ce peu de neige était ensuite absorbé par l'heureux détenteur de la gamelle et quelques-uns de ses amis par petites cuillerées comme quelque chose de très précieux. C'était poignant de voir des malheureux qui n'avaient même pas la force de se lever, qui mouraient de soif, implorer une cuillerée de neige qu'on leur refusait et qu'on bousculait brutalement.

 

Après le troisième jour de voyage, dans chaque wagon, les morts s'amoncelaient. Les portes étaient tenues opiniâtrement closes et les survivants se servaient des morts comme de chaises ou de matelas pour s'asseoir ou s'étendre. Ces derniers étaient débarrassés, avant même de rendre le dernier soupir, de leurs chaussures, de leurs manteaux et de toute autre chose qui pouvait servir aux survivants.

 

Après le quatrième jour, par suite de la forte tension des nerfs et de la soif qui desséchait les bouches, une nouvelle calamité s'abattit sur nous : l'hystérie, la folie furieuse. Pendant les arrêts, nombreux furent les cas de camarades qui, pris soudain d'un accès de folie, montaient sur la cloison pour sauter hors du wagon. Ils étaient aussitôt abattus sans pitié par les sentinelles allemandes qui entouraient tout le convoi dès que la locomotive s'arrêtait. D'autres se mettaient à hurler de toutes leurs forces jusqu'à ce que, à bout de forces, ils s'affaissaient à terre pour être aussitôt étouffés par leurs plus proches voisins.

 

Une odeur fétide était répandue partout. Les figures non lavées depuis une semaine étaient noires de crasse et hâves, les barbes hirsutes, les poux commençaient à faire leur apparition. Pendant le jour, tout le monde restait abattu. Mais la nuit l'instinct de conservation poussait tout le monde à se battre, à assommer son voisin afin de ne pas être soi-même assommé. Toutes les figures étaient ensanglantées, ravagées par les ongles longs et sales des copains devenus ennemis mortels.

 

 

Le cinquième jour enfin on ouvrit les portes des wagons pour évacuer les cadavres. Dans les camions qui se rangèrent près des wagons on jeta avec les morts pas mal d'agonisants qui avaient presque perdu connaissance afin de laisser plus de place aux survivants. Une quarantaine de cadavres furent retirés seulement de notre wagon. Vers le soir, pour la première fois depuis 5 jours, une ration de pain et un peu de beurre nous fut distribué. Ceux qui avaient le moyen de pêcher un peu de neige purent l'avaler, les autres ne purent même pas manger une bouchée et acceptaient volontiers de troquer leur pain pour deux ou trois cuillerées de neige.

 

Depuis le cinquième jour, régulièrement tous les jours, une dizaine de cadavres étaient retirés de chaque wagon. Le découragement et le désespoir avaient succédé à la folie furieuse. Nous restions blottis chacun dans son coin, la couverture sur la tête, la neige tombant dessus, attendant placidement la mort qui mettrait un terme à ce martyre. Tout bruit avait cessé, hors les faibles gémissements des agonisants.

 


Cela dura 9 jours et 9 nuits interminables !

Devant ce martyre atroce, toutes les souffrances endurées pendant deux ou trois années de camp de concentration apparaissaient comme des jeux d'enfants.


Quand le train arriva enfin au terme de son voyage, le camp de Dora au cœur de l'Allemagne, près des 60% de l'effectif total du convoi avaient succombé. Dans notre seul wagon, des 140 hommes qui étions partis, il en restait tout juste 65.

 

Descendus des wagons, nous n'avions même pas la force de nous tenir sur nos jambes. Tout le parcours de la voie ferrée au camp fut parsemé de cadavres de camarades qui, ayant résisté aux souffrances du voyage, s'affaissaient, à bout de forces, après avoir fait quelques pas.

 

Les derniers survivants arrivâmes dans un état lamentable au camp de Dora où notre vie de forçat devait continuer pendant trois mois encore avant d'être libérés par les colonnes motorisées alliées qui ne trouvèrent devant elles que des spectres effrayants à voir, semblables à des squelettes échappés de quelque cimetière.

 

Septembre 1945.

Alingsäs Stadshotell - Alingsäs, Suède.
"Ecrit sur le papier à en-tête de l'Hôtel où je travaillais plus tard."

1.           eporter un certain capital.

Depuis des centaines d'années, l'Allemagne a été assez bonne pour recevoir ces éléments, bien qu'ils ne possèdent rien d'autre que des maladies infectieuses politiques et physiques. Ce qu'ils possèdent aujourd'hui, ils l'ont dans une très large mesure, gagné aux dépens de la nation allemande moins rusée et par les nombreuses manœuvres le plus condamnables.
Aujourd'hui nous payons tout simplement ce peuple comme il le mérite. Lorsque la nation allemande fut, grâce à l'inflation, provoquée et menée par les Juifs, dépouillée de toutes les économies qu'elle avait amassées pendant des années de travail honnête, lorsque le reste du monde retirait de la nation allemande les investissements étrangers, lorsque nous avons été dépouillés de l'ensemble de nos possessions coloniales, ces considérations philanthropiques pesaient évidemment bien peu pour les hommes d'Etat des démocraties.
Aujourd'hui, je peux seulement assurer ces Messieurs que, grâce à l'éducation brutale que les démocraties nous ont prodiguée pendant quinze ans, nous sommes totalement à l'abri de toute agression de sensiblerie. Après que plus de huit cent mille enfants de la nation soient morts de faim et de sous-alimentation à la fin de la guerre, nous avons été témoins du fait que près d'un million de têtes de vaches laitières nous ont été enlevées en vertu des cruels paragraphes d'un diktat que les apôtres de l'humanité et de la démocratie dans le monde nous ont imposé en guise de traité de paix. Nous avons vu comme plus d'un million de prisonniers de guerre allemands ont été détenus en prison sans aucune raison, une année entière après la fin de la guerre. Nous avons vu comment plus d'un million et demi d'Allemands ont été dépouillés de ce qu'ils possédaient dans les territoires s'étendant à nos frontières, et comment ils ont été jetés dehors avec seulement ce qu'ils portaient sur le dos. Nous avons dû supporter que des millions de nos compatriotes nous soient arrachés contre leur gré, et sans qu'on leur offre la moindre possibilité d'existence. Je pourrai ajouter à ces exemples des douzaines d'autres encore plus cruels. Pour cette raison, nous demandons qu'on nous épargne toute discussion sentimentale. La nation allemande ne souhaite pas que ses intérêts soient déterminés et contrôlés par une quelconque puissance étrangère. La France aux Français, l'Angleterre aux Anglais, l'Amérique aux Américains, et l'Allemagne aux Allemands. Nous sommes résolus à empêcher l'installation dans notre pays d'un peuple étranger qui a été capable de s'emparer pour lui-même de toutes les positions dominantes du pays et de le déposséder. Car c'est notre volonté d'éduquer notre nation pour ces positions dominantes.

 


Nous avons des centaines de milliers d'enfants de paysans et des classes laborieuses très intelligents. Nous devons les éduquer - en fait nous avons déjà commencé - et nous souhaitons qu'un jour, eux et non les représentants d'une race étrangère, puisse occuper les positions dominantes de l'Etat en même temps que nos classes éduquées. Et surtout, la culture allemande, comme en témoigne son nom seul, est allemande et non juive, et c'est pourquoi sa direction et sa gestion seront confiées à des membres de notre nation. Si le reste du monde crie d'un air hypocrite contre cette expulsion barbare d'Allemagne d'un élément irremplaçable et de haute valeur culturelle, nous pouvons seulement nous étonner des conclusions qu'ils ont tirées de cette situation. Car ils devraient être ô combien reconnaissants que nous ayons libéré ces précieux apôtres de la culture, et les ayons mis à la disposition du reste du monde. Selon leurs propres déclarations, ils ne pourraient trouver la moindre raison, la moindre excuse pour refuser d'accueillir dans leur pays cette race de haute valeur. Je ne vois pas non plus de raison pour que les membres de cette race soient imposés à la nation allemande, alors qu'aux Etats-Unis, qui sont si enthousiasmés par ces " gens merveilleux ", on leur refuserait soudain de s'installer sous quelqu'excuse imaginable. Je pense que, plus tôt ce problème sera résolu et mieux cela vaudra: car l'Europe ne peut se stabiliser tant que la question juive n'est pas résolue. Il est tout à fait possible que à plus ou moins longue échéance, on arrive à un accord sur le problème en Europe, même entre ces nations - qui autrement, ne se seraient pas entendues si facilement.

 

Le monde a suffisamment d'espace pour des implantations, mais nous devons nous débarrasser une fois pour toutes de l'opinion que la race juive n'a été créée par Dieu que pour qu'un certain pourcentage vive en parasite sur le corps et sur le travail productif d'autres nations. La race juive devra s'adapter pour fonder une activité constructive comme les autres nations ou tôt ou tard, elle succombera à une crise d'une ampleur inimaginable.

 

Il y a encore une chose que j'aimerais dire en ce jour, qui peut-être sera un jour mémorable pour tous et pas seulement pour nous Allemands: dans ma vie, j'ai souvent été prophète et on s'est moqué de moi pour cela. A l'époque de ma lutte pour le pouvoir , c'était d'abord la race juive qui accueillait mes prophéties par des rires, quand je disais qu'un jour je prendrai la direction de l'Etat et celle de toute la nation, et qu'entre autres, je réglerai le problème juif. Leur rire était tonitruant, mais je pense que depuis quelque temps, leur rire s'étrangle dans leur gorge. Aujourd'hui, je serai encore une fois prophète: si les financiers juifs internationaux en Europe et au dehors réussissent une fois de plus à plonger les nations dans une guerre mondiale, alors, il en résultera, non pas une bolchevisation du globe, et donc la victoire de la Juiverie, mais l'annihilation de la race juive en Europe !

 

…Les nations ne veulent plus mourir sur le champ de bataille pour que cette race internationale instable profite d'une guerre ou accomplisse la vengeance de son Ancien Testament. Le mot d'ordre juif " Prolétaires de tous les pays unissez-vous " sera vaincu par une réalisation plus haute, c'est-à-dire " Travailleurs de toutes les classes et de toutes les nations, reconnaissez votre ennemi commun ! ".

 

N. H. Baynes, éd., Les Discours d'Adolf Hitler, I, London, 1942, pp.731-741.

CICAD en action

  • 180 participants à la 17e journée d’études d’Auschwitz-Birkenau organisée par la CICAD

    Mercredi 23 novembre 2016, élèves et enseignants ont durant une journée organisée par la CICAD, vu et entendu le vécu concentrationnaire de millions de victimes. Ce voyage annuel, fruit d’un partenariat avec les départements d’instruction publique romands depuis plusieurs années, est une journée riche en enseignements qui rappelle à chacun qu’il faut rester vigilant face à l’antisémitisme.