L'antisémitisme nazi : "purifier" la race aryenne des Juifs

Dans l'idéologie nazie (national-socialiste), la race est la clef de l'histoire du monde, le fondement du conflit opposant les Aryens aux Juifs. Pour garantir l'avenir de la nation allemande, il faut préserver son sang aryen : "il faut protéger l'existence et la reproduction de notre race et de notre peuple, la subsistance de nos enfants et la pureté de notre sang, la liberté et l'indépendance de notre patrie." La race aryenne doit dominer le monde en s'assurant l'espace vital ("Lebensraum") nécessaire, au détriment des peuples inférieurs, parmi lesquels les Juifs et les Tsiganes. C'est le message nationaliste que lance Hitler à l'Allemagne désorientée et frustrée en 1924 dans Mein Kampf, et à nouveau en prenant le pouvoir en 1933. En 1930, l'idéologue nazi Alfred Rosenberg publie Le Mythe du XXe siècle, l'autre ouvrage clé de la politique raciste du IIIe Reich qui montre que les théories de l'égalité entre les hommes ont causé de grands dommages à la civilisation.

 

Les Juifs sont décrits comme des parasites qui contaminent le sang des autres. Ainsi, le complot* juif aurait-il réussi à contrôler les rouages du monde moderne, par le biais des finances et de la presse, de la démocratie, du capitalisme et du socialisme. L'exemple le plus frappant serait celui de la Russie où les Juifs, agents révolutionnaires par excellence, se sont alliés aux Bolcheviques pour s'assurer la domination du monde. Afin de limiter de tels ravages, il faut s'attacher à purifier et à améliorer la race aryenne en instituant la discrimination raciale.

 

Avec l'aide de pseudo-scientifiques acquis aux théories eugéniques prônant l'hygiène raciale (voir l'antisémitisme* raciste), le IIIe Reich a pu asseoir sur des bases médicales perverties des lois discriminatoires qui ont ensuite mené à la "Solution finale*". Au nom de la pureté de la race, qui relève du contrôle de l'Etat, on interdit le métissage avant d'en arriver à la liquidation pure et simple des "asociaux", des "parasites" et autres "indésirables", avec pour justification leur prétendue infériorité biologique. Les conditions sont réunies pour passer du racisme théorique à son application pratique sur des millions d'êtres humains.

 

 

François BEDARIDA (éd.) : La Politique nazie d'extermination, Paris, Albin Michel, 1989.
Philippe BURRIN : Hitler et les Juifs, Paris, Seuil (points), 1989. 

CICAD en action

  • 180 participants à la 17e journée d’études d’Auschwitz-Birkenau organisée par la CICAD

    Mercredi 23 novembre 2016, élèves et enseignants ont durant une journée organisée par la CICAD, vu et entendu le vécu concentrationnaire de millions de victimes. Ce voyage annuel, fruit d’un partenariat avec les départements d’instruction publique romands depuis plusieurs années, est une journée riche en enseignements qui rappelle à chacun qu’il faut rester vigilant face à l’antisémitisme.