Apr

14

2008

«Je ne connais pas de juifs, je ne connais que des hommes, parcours de Justes»

Je ne connais pas de juifs, je ne connais que des hommes, parcours de Justes
Une série proposée par: Michel Kocher

 

L'histoire des Justes constitue l'une des pages les moins connues de la Shoah

Pour la première fois, la Suisse a rendu un hommage aux Justes qui ont sauvé un ou plusieurs juifs au péril de leur vie.

 

En début d'année, une cérémonie officielle était organisée à Genève pour rendre hommage aux 63 Justes suisses. Un des rares Justes encore en vie, August Bohny, 89 ans, retrouvait l'une des victimes juives qu’il a sauvées, Hanne Liebmann, âgée de 83 ans. En ce début d'année paraissait aussi un ouvrage très fouillé sur deux Justes français, dont l'histoire est mêlée à la Suisse. Le pasteur André Trocmé et son épouse Magda ont été nommés à la paroisse St Gervais à Genève en 1960, après avoir sauvé de nombreux juifs dans le célèbre village du Chambon-sur-Lignon, là même où August Bohny dirigeait un camp de la Croix-Rouge suisse. L'histoire de l'engagement du couple Trocmé ne commence pas avec la Shoah, mais avec la première guerre mondiale. Au nom du pacifisme, il ne se démentira pas tout au long de leur vie, y compris contre les armes nucléaires. C'est la constance et la cohérence de leur engagement que Pierre Boismorand met en lumière dans le livre qu'il publie au CERF. A partir d'archives sonores de la RSR et du regard de l'historien Laurent Gambarotto, A vue d'esprit parcourt la vie de ce couple exceptionnel.

 

Programme:

Lundi 14 avril 2008
Le pacifisme radical

 

A la mort de sa mère en 1911, André Trocmé a seulement 10 ans. Quand il est enfant, il voyage en Allemagne, rend visite à ses grands parents, son grand-père pasteur, ses oncles et tantes. Quand la guerre éclate entre la France et l’Allemagne, c’est un dilemme. C'est au contact du front que naît son pacifisme... aussi radical que l'est la cruauté et l'absurdité de la guerre.

 

Mardi 15 avril 2008
Le Chambon sur Lignon, cité du refuge

 

À partir de 1940, avec l'aide entre autres du pasteur André Trocmé et de sa femme Magda, des citoyens juifs menacés d'être envoyés dans les camps de concentration sont accueillis. Ils étaient cachés dans les maisons des habitants, dans les fermes des alentours, ainsi que dans des institutions publiques. Lorsque les patrouilles nazies approchaient, ils étaient cachés dans la campagne en dehors du village.

 

Mercredi 16 avril 2008
Erasmus avant la lettre, la vision de Magda Trocme

 

Avec la création du collègue cévenole, Magda et André Trocmé vont pleinement participer aux rêves pacifistes de l’entre-deux guerre. Au coeur se trouve une conviction, pour les humanistes qu’ils sont : par la pédagogie, il est possible de créer une Europe pacifiée, un nouvel état d’esprit. Ce rêve ne se réalisera que bien partiellement puisque surviendra la deuxième guerre mondiale. Il n'en aura que plus de pertinence.

 

Jeudi 17 avril 2008
Le mouvement international de la réconciliation

 

La fin de la 2ème guerre mondiale, une guerre «chaude», inaugure l’entrée dans les guerres «tièdes» de la décolonisation mais aussi dans la guerre froide avec les développements des arsenaux atomiques. Dans ces deux domaines, les convictions pacifistes et évangéliques d'André et Magda Trocmé, vont trouver des espaces où agir et s’exprimer; ils vont s’engager à fond dans le MIR, le Mouvement international de la Réconciliation.

 

Vendredi 18 avril 2008
Auguste Bohny, un Juste suisse parmi 60 autres

 

Les civilistes suisses au service du SAE ont sauvé la vie de nombreux enfants entre 1941 et 1944. Tel était le cas de l’enseignant August Bohny. En 1941, il reçoit l’autorisation pour un séjour à l’étranger. Après plusieurs étapes en France, il arrive finalement au Chambon-sur-Lignon, où il se retrouve, jusqu’en 1944, à la tête de trois maisons d’enfants, d’un atelier et d’une école d’agriculture. Pendant cette période, près de 1000 enfants trouvent refuge dans ces institutions.

 

Source: Radio Suisse Romande