Les différentes tendances du judaïsme aujourd’hui

 

Judaïsme traditionaliste ou orthodoxe moderne

Le judaïsme le plus classique est celui que l’on nomme aujourd’hui « traditionaliste » ou « orthodoxe moderne », parce qu’il vise à la conciliation d’une observance rigoureuse des lois et coutumes traditionnelles avec certaines exigences de la société contemporaine. Ce judaïsme croit à la révélation de la Torah à Moïse sur le Sinaï, à l’origine de la Loi écrite ainsi qu’à l’interprétation orale de son contenu, qui réglemente tous les aspects de la vie quotidienne. Il appelle à une stricte observance des Commandements, tout en favorisant par exemple le sentiment patriotique des Juifs envers les pays dont ils sont ressortissants. Il a adopté l’habit occidental, mène une vie sociale dans l’environnement général, y compris non-juif. Il prône une intégration dans la société environnante tout en maintenant une pratique religieuse relativement stricte. Il forme la majorité du judaïsme européen et israélien.

 

Le judaïsme traditionaliste n’est pas monolithique : on y trouve de nombreuses variantes selon l’origine ethnique de chaque groupe, son implantation géographique et les autorités rabbiniques qui les chapeautent. Dans les synagogues traditionalistes, hommes et femmes sont séparés pendant les offices religieux. Les femmes prient assises derrière un rideau, un paravent ou sur un balcon. Elles ne participent pas au rituel, puisqu’elles ne peuvent pas lire publiquement dans la Torah, ou mener de prière collective. Dans ces communautés, seuls les hommes peuvent devenir rabbins, porter le châle de prière et les phylactères.

 

 

Judaïsme ultra-orthodoxe

L’ultra-orthodoxie juive est une réaction à l’assimilation qui semblait menacer le judaïsme européen au XVIIIe siècle. Ce mouvement insiste sur une application stricte des Commandements divins, en évitant dans la mesure du possible tout contact avec la société et les études profanes. Il maintient dès règles vestimentaires spécifiques, chapeau, pantalon, veste ou caftan noir pour les hommes, qui se laissent pousser la barbe et les papillotes (mèches de cheveux dans le prolongement des favoris), manches, jupe ou robe longues pour les femmes, tête couverte si elles sont mariées. Ces règles vestimentaires assurent une modestie en rejetant les tenues provocantes ou ostentatoires.

 

Au sein du judaïsme ultra-orthodoxe, le hassidisme (de « hassid », « pieux ») est un mouvement de masse religieux et social, fondé en Pologne au XVIIIe siècle, à une époque de persécution et d’oppression. Le hassidisme prêche l’amour de Dieu dans la foi, l’étude de la Torah comme source de joie, la ferveur et l’enthousiasme dans l’accomplissement des ordonnances divines. Des prières ardentes, une spontanéité religieuse et une observance stricte des Commandements doivent permettre d’atteindre un stade privilégié de proximité avec Dieu, véritable extase. Le yiddish reste la langue courante (voir langues juives). Le mouvement le plus connu est celui des Loubavitch, appelé aussi Habad.

 

 

Judaïsme libéral

Le judaïsme libéral prône une évolution de la tradition et une adaptation aux temps modernes, en tenant compte des progrès de la conscience, de la raison et de l’éthique actuelles. La division entre orthodoxes et libéraux date du XIXe siècle avec l’apparition en Allemagne de la science du judaïsme, reconnue par les libéraux et rejetée par les orthodoxes. Le mouvement libéral estime que la loi, même si elle est d’inspiration divine, a été exprimée par la bouche d’êtres humains - ce qui est déjà une interprétation - et qu’elle est évolutive. Il s’attache plus à l’esprit des Commandements qu’à la lettre. Ainsi, hommes et femmes ont les mêmes droits et devoirs au sein de la communauté et les synagogues adoptent la mixité. La naissance d’une fille est marquée par une cérémonie de présentation à la Torah, qui marque son entrée au sein de l’alliance. La Bat-Mitzvah est en tous points équivalente à la Bar-Mitzvah. Le titre de rabbin ou de responsable communautaire est accessible aux hommes comme aux femmes, celles-ci participent à part entière dans le service religieux, en lisant dans la Torah, en menant les prières, en portant le châle et les phylactères si elles le souhaitent. Une partie plus ou moins importante des prières est dite dans la langue du pays et le reste en hébreu*. Une certaine souplesse est appliquée dans l’accomplissement de certains commandements, par exemple dans le types de travaux interdits le Chabbat, tout en insistant sur l’idée de sainteté du Chabbat, de repos et de joie.

 

 

Identité juive

Le droit rabbinique classique considère comme juive toute personne née de mère juive ou convertie de manière conforme. En règle générale, ni la conviction religieuse, ni la pratique religieuse ne sont indispensables à l’authentification de la judéité. Non croyant, non observant, le juif n’en demeure pas moins juif. C’est à l’époque moderne, avec la sortie des ghettos et l’émancipation, que l’on a distingué plusieurs composantes à l’identité juive : religieuse, culturelle, nationale, politique. Aujourd’hui, de nombreux juifs assimilés (ou laïcs) revendiquent leur appartenance culturelle ou historique au peuple juif tout en rejetant la pratique religieuse.

 

 

Conversion

En règle générale, un candidat à la conversion se présente individuellement et spontanément chez un rabbin, car le prosélytisme n’est pas encouragé dans le judaïsme. Sa candidature n’est retenue qu’après un rigoureux examen de ses motifs, une mise à l’épreuve et une formation solide. La conversion est avalisée par un tribunal rabbinique (« Beit-Din ») composé de trois rabbins. Une fois accomplis les rites requis (circoncision pour les hommes et immersion dans le bain rituel pour les deux sexes), le candidat est considéré comme juif à tout point de vue. Le converti n’adhère pas seulement à un credo et à une pratique religieuse : il entre de plain-pied dans l’histoire d’un peuple dont il est désormais membre à part entière. 

 

 

Préface

Brève histoire du peuple juif jusqu’à l’exil de l’an 70

Les principes fondateurs du judaïsme

Les livres fondamentaux du judaïsme

Les fêtes juives

Les commandements et les prières

La diversité géographique des traditions juives

Brève histoire du judaïsme suisse

"Pourquoi je suis juif" par Edmond Fleg

Où va l'humour juif?

Bibliographie

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