Les Fêtes juives

 

Le calendrier juif

Le calendrier se réfère à la création du monde, en 3760 avant l’ère commune, selon la tradition juive. Ainsi, l’an 2000 de l’ère chrétienne correspond à l’année 5760 du calendrier juif.

 

Le calendrier hébraïque a une base à la fois lunaire et solaire. Il suit une année lunaire de douze mois, dont chacun compte 29 ou 30 jours (soit 354 jours). Mais comme les fêtes bibliques suivent les saisons agricoles de l’année solaire (soit 365 jours), il faut combler la différence de onze jours entre l’année lunaire et l’année solaire. On ajoute donc un treizième mois sept fois tous les dix-neuf ans. Les douze mois portent des noms d’origine babylonienne : Nissan, Iyar, Sivan, Tammouz, Av, Eloul, Tichri, Hechvan, Kislev, Tèvèt, Chevat, Adar. Adar II est le mois supplémentaire.

 

Une journée commence au coucher du soleil et s’achève le lendemain au coucher du soleil. Le Chabbat* (septième jour) commence le vendredi soir et se termine le samedi soir. Toutes les fêtes* commencent également au coucher du soleil.

 

 

Le Chabbat

Septième jour de la semaine, jour de repos, le Chabbat est aussi le fondement du judaïsme. Il est considéré comme l’apogée de la Création du monde et le repos s’applique à toute la maisonnée, y compris aux animaux, au personnel de maison et aux invités de passage (c’est le quatrième des Dix Commandements, voir Deut. 5 :12-16 et Ex. 20 :2-14).

 

La base de cette ordonnance se trouve dans la Genèse : «Ainsi furent achevés les cieux et la terre et tout ce qu’ils renferment. Dieu acheva au septième jour l’œuvre qu’il avait faite et il se reposa au septième jour de toute l’œuvre qu’il avait faite. » (Genèse 2 : 1-2)

 

Le Chabbat commence le vendredi à la tombée de la nuit et se termine le samedi soir dès l’apparition de trois étoiles. C’est un jour de joie et de recueillement, où toutes les préoccupations de la semaine doivent être laissées de côté. C’est un moment hors du temps, un moment où l’on cesse de transformer le monde, de créer (même de la lumière), où l’on se consacre à la réflexion, à l’étude de la Torah, à la discussion en famille et entre amis, au repos. L’hospitalité est une des valeurs traditionnelles du Chabbat. Les repas, notamment, se prennent en famille et avec de nombreux amis.

 

Environ vingt minutes avant le coucher du soleil, on allume deux bougies en récitant une bénédiction, qui marque le début du Chabbat. Au retour de la synagogue, la famille se réunit autour de la table et on se souhaite « Chabbat chalom !» Souvent, le père bénit ses enfants. On récite d’abord la bénédiction sur le vin (« Kiddouch* »), puis celle sur deux pains (« Halot ») confectionnés spécialement. Le repas est festif, comportant des mets qui sortent de l’ordinaire. Il s’achève par des chants joyeux. Le samedi matin, on se rend à la synagogue* pour la prière, au cours de laquelle est lu un passage de la Torah.

 

On rentre chez soi pour le repas de midi où est pratiqué un rituel semblable à celui du vendredi soir. L’après-midi est consacré au repos, à l’étude des textes bibliques, à la discussion en famille et entre amis. Pour marquer la fin du Chabbat, appelée « havdalah » (« séparation »), on prononce quatre bénédictions : sur le vin (sanctification), sur les épices (qui rappellent la douceur du Chabbat), sur les bougies (la fin de l’interdiction d’allumer du feu) et sur la séparation elle-même. On se souhaite ensuite une bonne semaine (« Chavoua tov ! »).

 

La Torah donne quelques indications sur l’interdiction d’accomplir certaines tâches pendant le Chabbat, notamment allumer du feu (Ex. 35 :2-3), labourer et moissonner (Ex. 34 :21), étendues au travail en général. Il existe des situations qui annulent les interdictions du Chabbat : la circoncision* d’un nouveau-né le huitième jour et les préparatifs nécessaires à cette cérémonie sont permis le Chabbat. De même, tout doit être mis en œuvre pour aider une femme qui accouche et, plus généralement, pour sauver une vie humaine.

 

 

Roch Hachana : le Nouvel An juif

(1 Tichri, septembre-octobre)

Roch Hachana signifie « la tête de l’année » en hébreu. Cette fête ne commémore pas d’événement de l’histoire juive, sinon la Création du monde. C’est surtout le jour du jugement : chacun est invité à faire son examen de conscience afin de faire repentance. Elle marque le début de dix jours de pénitence qui s’achèvent à Yom Kippour, lorsque la sentence divine est rendue.

 

Cette fête dure deux jours. L’office de Roch Hachana se caractérise par la sonnerie du « choffar », une corne de bélier (en souvenir du sacrifice d’Isaac), pour appeler les fidèles au bilan personnel et à la repentance. On s’habille souvent de blanc, symbole de la pureté à atteindre. De même, l’arche sainte, les rouleaux de la Torah et le pupitre sont recouverts de tissu blanc. Pendant la fête, les fidèles se souhaitent d’être « inscrits pour une bonne année.» La coutume veut aussi que l’on se rende au bord d’une rivière ou d’un lac pour y « jeter ses péchés » (« tachlih » en hébreu).

 

La fête est surtout marquée par la solennité, mais les deux soirs font toujours l’objet de repas familiaux abondants. On mange notamment des quartiers de pomme trempés dans du miel pour que l’année soit « bonne et douce ».

 

 

Yom Kippour : le jour du pardon

(10 Tichri, septembre-octobre)

C’est le jour le plus saint et le plus solennel du calendrier juif, également appelé « le jour du Pardon », puisqu’il est le point culminant des dix jours de repentance commencés avec Roch Hachana*. Dès l’âge de treize ans pour les garçons et de douze pour les filles, on est tenu d’observer un jeûne strict de vingt-cinq heures, commencé au coucher du soleil et terminé le lendemain à la tombée de la nuit. Les malades peuvent être exemptés de jeûner. Le rituel exige trois actes d’expiation de ses péchés commis pendant l’année: reconnaître ses transgressions, déclarer son repentir par un processus de confession, faire expiation devant Dieu afin d’obtenir son pardon. Yom Kippour permet à chacun d’expier ses péchés contre Dieu, mais non contre son prochain, à moins d’avoir demandé pardon à celui que l’on a offensé et de l’avoir obtenu, sans quoi l’expiation n’aura pas d’effet.

 

On passe la plus grande partie de la journée à la synagogue. Comme à Roch Hachana, les fidèles et le rabbin s’habillent généralement en blanc.

 

Les rouleaux de la Torah, l’arche sainte et le pupitre sont également drapés de blanc en signe de pureté recherchée. La sonnerie du choffar, la corne de bélier, annonce la fin de la journée solennelle appelée aussi « le jour du Jugement », à l’issue de laquelle on est scellé – ou non – dans le Livre de la Vie pour l’année qui commence.

 

Yom Kippour a toujours été la fête la plus largement observée par les Juifs, y compris par ceux qui n’ont pas de pratique religieuse le reste de l’année.

 

 

Souccot : la fête des cabanes

(15-22 Tichri, septembre-octobre)

L’une des trois fêtes de pèlerinage (avec Pessah et Chavouot), appelée aussi fête des cabanes (tentes) ou fête des récoltes. Elle commémore l’errance des Hébreux pendant 40 ans dans le désert sur le chemin de la Terre promise (signification historique).

 

Elle se célèbre aussi comme une fête d’action de grâces pour les dons de la nature pendant l’année écoulée (signification agricole). En souvenir de ces quatre décennies où les Hébreux vécurent exclusivement sous des tentes, la Bible demande aux Juifs « de demeurer dans des tentes pendant sept jours » (Lévitique 23 :42-43). Aujourd’hui, ces « tentes », appelées « souccot » en hébreu, sont des constructions très provisoires érigées pour la fête dans un jardin ou sur un balcon. Elles ont un toit composé de feuillages et de branchages naturels. Pendant les huit jours de fête, les repas sont pris dans la souccah.

 

Le rituel de la fête inclut notamment quatre espèces de plantes que l’on secoue à différents moments de la liturgie : une branche de palmier, un cédrat, trois brindilles de myrte et deux branches de saule. On tient ses quatre espèces en bouquet que l’on agite aux quatre points cardinaux, ainsi qu’en haut et en bas, en guise de reconnaissance de la souveraineté divine sur l’univers.

 

 

Simhat Torah : la fête de la Torah

(23 Tichri)

Cette fête marque la fin du cycle annuel de lecture de la Torah : on y lit la dernière section du Deutéronome (33 :1-34 :12) et la première section de la Genèse (1 :1-2 :3). Avant la lecture, tous les rouleaux de la Torah sont sortis de l’Arche et portés par les fidèles en joyeuses processions autour de la synagogue. Les fidèles sont invités à danser et à chanter pendant les processions, afin d’exprimer leur joie à la vue de la Torah.

 

 

Hanoucah : la fête des lumières

(25 Kislev- 3 Tèvèt, novembre-décembre)

Cette fête commémore la révolte juive contre les troupes syriennes hellénisées d’Antiochus Epiphane et la libération du Temple de Jérusalem par Judah Macchabée, entre 165 et 163 avant l’ère commune. « Hanoucah » signifie « inauguration » en hébreu, celle du Temple après sa profanation par les Grecs, qui voulaient détruire le judaïsme et helléniser l’ensemble du royaume. D’après la tradition rabbinique, les Juifs emmenés par Judah Macchabée libérèrent le Temple de Jérusalem saccagé. Ils trouvèrent une fiole d’huile pure pour rallumer la lumière éternelle (voir synagogue*), qui n’aurait dû suffire que pour un seul jour mais qui, par miracle, en dura huit. C’est pourquoi il est prescrit d’allumer chez soi un chandelier à huit branches, appelé Hanoukiyah. On allume une bougie le premier soir, deux le deuxième, en ajoutant une flamme supplémentaire de gauche à droite jusqu’au huitième soir. Une neuvième bougie sert à allumer les autres.

 

La coutume veut que l’on mange des plats faits à base d’huile, notamment des beignets. On joue avec une toupie à quatre faces sur laquelle sont inscrites les initiales de la phrase : « un grand miracle eut lieu là-bas. » On offre des cadeaux aux enfants.

 

Cette fête, à la fois religieuse et historique, est devenu le symbole de la victoire du petit nombre sur le grand nombre.

 

 

Tou Bichvat

(15 Chevat, janvier-février)

Appelée aussi le Nouvel An des arbres, cette célébration correspond à la période de la montée de la sève, avant le réveil du printemps. Rappel du cycle saisonnier et agricole, elle est marquée par la consommation de fruits et la plantation d’arbres.

 

 

Pourim : les sorts

(14 Adar, février-mars)

Cette fête commémore le salut des Juifs de l’Empire perse au Ve siècle avant l’ère commune. Le roi Assuérus avait un ministre, Haman, qui avait secrètement tiré au sort la date du 13 Adar pour massacrer les Juifs. La reine Esther, juive et épouse du roi, révéla le complot d’Haman à son mari qui fit annuler le décret du massacre. C’est cette délivrance providentielle que l’on célèbre en lisant le l’histoire d’Esther, récit des événements écrit sur un rouleau (« Meguila »).

 

Adultes et enfants assistent déguisés à la lecture. A la mention du nom du vilain ministre, les fidèles agitent des crécelles et font du chahut, dans une joyeuse atmosphère de carnaval. On mange des pâtisseries traditionnelles et l’on monte de courtes pièces de théâtre ou sketches dans lesquels on use de la parodie et de la satire.

 

 

Pessah : la Pâque juive

(15-21/22 Nissane, mars-avril)

C’est l’une des trois fêtes de pèlerinage avec Chavouot et Souccot. Pessah est célébré pendant huit jours, sur des bases historiques et agricoles. Historiquement, il commémore l’exode des Israélites et la fin de l’esclavage en Egypte. Du point de vue agraire, c’est la célébration du printemps au début de la moisson de l’orge.

 

Cette sortie d’Egypte ne fut possible qu’après que Dieu fit s’abattre dix plaies sur les Egyptiens, tout en épargnant les Juifs. Ceux-ci avaient utilisé le sang d’un agneau pour identifier les montants de leurs portes, signalant ainsi à l’Ange de la mort qu’il devait « passer au-dessus » de ces portes, d’où le nom de « fête du passage ».

 

Pendant la durée de la fête, les Juifs mangent du pain « azyme », appelé « matzah », c’est-à-dire sans levain, en commémoration du départ précipité des Israélites hors d’Egypte, car le pain n’avait pas eu le temps de lever.

 

Avant la fête, on nettoie méthodiquement la maison pour faire disparaître toute miette de pain et tout aliment contenant du blé fermenté (pâtes, biscuits, gâteaux, etc.).

 

Les deux premiers soirs de Pessah, on célèbre le « séder » (« ordre » en hébreu), c’est-à-dire un repas dont le déroulement suit un ordre précis : on lit la « Haggadah », le récit de la libération de l’esclavage et de la sortie d’Egypte, en mangeant des aliments symboliques : des herbes amères représentant les temps difficiles vécus par les Israélites esclaves, une pâte de fruits rappelant le mortier utilisé par les esclaves, du pain azyme en souvenir de la fuite précipitée. On chante des hymnes, on mange abondamment, entouré de parents et d’amis.

 

Le séder est l’un des rituels les plus observés par le peuple juif et, du point de vue symbolique, le plus important puisqu’il célèbre la liberté retrouvée. Au deuxième soir de Pessah, on commence à compter l’Omer, les 49 jours qui mènent à la fête de Chavouot.

 

 

Chavouot : la fête des Tabernacles

(6 Sivane, mai-juin)

Chavouot est l’une des trois fêtes de pèlerinage avec Pessah et Souccot, son nom signifie « semaines » en hébreu, les sept qui la séparent de la fête de Pessah. En français, on l’appelle « Pentecôte » (du grec : « cinquantième », puisqu’elle tombe cinquante jours après Pessah).

 

Cette fête commémore la Révélation faite à Moïse sur le mont Sinaï, le don de la Torah et les Dix Commandements devant le peuple d’Israël réuni. A la synagogue, on lit les Dix Commandements, ainsi que le livre de Ruth, illustration de la fidélité sans faille du peuple juif à la Torah. Dans l’Antiquité, Chavouot était aussi la fête des moissons, raison pour laquelle on décore la synagogue avec des fleurs et des plantes.

 

 

9 Av : la destruction du Temple de Jérusalem

(juillet-août)

Le neuvième jour du mois d’Av (« Ticha Béav » en hébreu) est une journée de jeûne en commémoration de la destruction du Temple de Jérusalem par les Romains en 70. Dans les synagogues, on s’assoit à même le sol en signe de deuil. On lit le rouleau des Lamentations et d’autres élégies empreintes de nostalgie et de tristesse.

 

Depuis 1967, quand le mur occidental (« mur des Lamentations »), dernier vestige du Temple, a été repris par l’armée israélienne, des milliers de Juifs viennent prier le 9 Av sur l’esplanade devant le Mur, toute la journée et toute la nuit. C’est le jour le plus sombre du calendrier juif.

 

 

Le cycle de la vie

Naissance

Le judaïsme encourage les familles nombreuses.

L’entrée d’un nouveau-né mâle dans la communauté juive est marquée par la circoncision, c’est-à-dire l’ablation du prépuce. Le terme hébraïque, « brit mila », « alliance de la circoncision », se réfère à l’injonction divine faite à Abraham : « Tout mâle d’entre vous sera circoncis. Vous serez circoncis quant à la chair de votre prépuce et cela deviendra le signe de l’Alliance entre Moi et vous, suivant vos générations… Ainsi mon Alliance dans votre chair deviendra Alliance perpétuelle » (Gen. 17) (voir la brève histoire du peuple juif).

 

Ce rite se déroule obligatoirement huit jours après la naissance, à moins d’un report pour raisons médicales. Il est pratiqué par un spécialiste appelé « mohel ». Le matin de la cérémonie, le bébé est confié à son parrain (« sandak ») qui le tiendra pendant le rituel, souvent assis sur une chaise consacrée au prophète Elie. Une fois l’opération effectuée – elle ne dure que quelques secondes -, on prononce une bénédiction sur un verre de vin (voir « Kiddouch ») et le garçon reçoit son prénom hébraïque. La circoncision est suivie d’un repas de fête. Comme à toute occasion joyeuse, on souhaite « Mazal tov » (bonne chance) aux parents du garçon.

 

 

Majorité religieuse : Bar-Mitzvah/Bat-Mitzvah

La Bar-Mitzvah (en hébreu « fils du commandement ») est la cérémonie qui marque la majorité religieuse d’un garçon juif. Elle se célèbre à l’âge de treize ans et nécessite une longue préparation. Cette occasion est marquée par l’accomplissement des commandements : le garçon revêt le châle de prière et les phylactères et lit pour la première fois dans les rouleaux de la Torah pendant le service religieux. Il fait un commentaire oral du passage de la Torah lu cette semaine-là. A partir de ce seuil, il est considéré comme un membre de la communauté à part entière. A l’issue de la cérémonie, on prononce la bénédiction sur le vin (« Kiddouch ») et l’on invite les fidèles à se restaurer.

 

Les filles peuvent célébrer leur Bat-Mitzvah (« Fille du Commandement ») dès l’âge de douze ans (voir judaïsme traditionaliste et judaïsme libéral).

 

 

Mariage

Dans le judaïsme, le mariage entre un homme et une femme possède autant de sainteté que le mariage entre Dieu et son peuple. Le mariage est précédé de fiançailles. La veille du mariage, la mariée s’immerge dans un bain rituel (« mikvé »). Les époux jeûnent le jour jusqu’après la cérémonie. Juste avant la cérémonie, les témoins signent l’acte de mariage (« ketoubah »).

 

Le couple est ensuite conduit sous le dais nuptial, accompagné des parents respectifs. Le rabbin récite la bénédiction sur le vin (voir « Kiddouch »), dont les mariés boivent à la même coupe. L’époux récite une bénédiction consacrée avant de glisser l’anneau au doigt de son épouse. On lit ensuite l’acte de mariage avant de réciter sept bénédictions sur une deuxième coupe de vin. Pour conclure la cérémonie, le marié brise un verre, en commémoration de la destruction du Temple de Jérusalem. . On souhaite « Mazal tov » (bonne chance) aux mariés et à leurs proches. Le mariage se termine par le repas de noces. Un mariage ne peut être célébré le Chabbat, ni à la veille ou pendant les fêtes importantes.

 

Selon la loi juive, aucune autorité religieuse n’est requise pour célébrer une cérémonie de mariage, mais celui-ci est généralement célébré par le rabbin. La cérémonie peut se dérouler n’importe où, aussi bien dans une synagogue, que dans une grande salle ou en plein air, pour autant qu’il y ait un dais nuptial (ou un châle de prière y tenant lieu) et deux témoins. Le divorce existe dans le judaïsme. Il est prononcé par un tribunal rabbinique. Le remariage avec un autre conjoint est autorisé.

 

 

Deuil

Dans le judaïsme, la mort est plutôt bien acceptée, parce qu’elle est considérée comme un élément de la création du monde. Les lois de deuil tentent de trouver un équilibre entre l’émotion naturelle et une sagesse philosophique. Les rites de deuil sont conçus pour aider les personnes concernées à vivre en surmontant leur peine.

 

Le deuil suit un certain nombre d’étapes : du jour du décès jusqu’à l’enterrement, les personnes en deuil doivent organiser les funérailles et sont exemptes des commandements positifs (prier, réciter les bénédictions). Le jour de l’enterrement, on déchire un morceau de vêtement des proches du défunt (parents, enfants, conjoint, frère et sœur). Après l’ensevelissement, on prend un repas composé de pain et d’un œuf dur (symbole de vie), fourni par d’autres membres de la communauté en signe de compassion. La période de deuil dure sept jours (« Chiva »), pendant laquelle les personnes en deuil s’assoient à même le sol ou sur un siège bas. Il leur est interdit de se raser (ou de se maquiller), de se couper les cheveux, de travailler et de vaquer à leurs occupations habituelles. On a aussi coutume de couvrir les miroirs dans la maison du défunt. Pendant cette période, on rend visite aux personnes en deuil pour leur apporter du réconfort. Au bout de sept jours, c’est une période de deuil de moindre intensité qui commence, jusqu’au trentième jour (« chlochim »). Il est encore interdit de se couper les cheveux, de se raser, de porter des vêtements neufs et d’aller à des réceptions. Certains prolongent cette période pendant un an. Pendant l’année qui suit le décès, on récite le Kaddich, en rappelant le nom du défunt chaque année à l’anniversaire du décès, en même temps que l’on allume une bougie en souvenir.

 

L’inhumation respectueuse des morts est l’un des Commandements fondamentaux du judaïsme. Des bénévoles formés spécialement se chargent de la toilette mortuaire : ils lavent le corps méticuleusement, l’habillent d’un linceul en lin blanc et le posent dans un cercueil.

 

Une fois le tombeau recouvert, on pose une pierre tombale soit au terme des trente jours de deuil, soit au bout de onze mois. Les Juifs sont inhumés dans un cimetière juif avec une concession perpétuelle, ou dans un carré juif.

 

Ceux qui visitent les tombes ont pour coutume de déposer un caillou sur la pierre tombale, laissant ainsi une marque de leur passage et de leur pensée pour le disparu.

 

 

Préface

Brève histoire du peuple juif jusqu’à l’exil de l’an 70

Les principes fondateurs du judaïsme

Les livres fondamentaux du judaïsme

Les commandements et les prières

La diversité géographique des traditions juives

Les différentes tendances du judaïsme aujourd'hui

Brève histoire du judaïsme suisse

"Pourquoi je suis juif" par Edmond Fleg

Où va l'humour juif?

Bibliographie

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    La CICAD se préoccupe des menaces qui pèsent sur les Communautés juives. Prévenir, conseiller et agir : 3 mots d’ordre contre un même fléau.