May

01

2012

Bientôt une loi sur la vente de «Mein Kampf»?

Après le tollé né du constat d’une présence toujours plus fréquente de l’ouvrage sur les rayons des librairies romandes, des élus passent à l’attaque. Député socialiste à Genève, Roger Deneys annonce qu’il portera le débat sur les conditions de vente du livre devant le Grand Conseil, si possible lors de la session du 11 mai. Concrètement, le socialiste souhaite qu’une brochure sur Auschwitz, éditée par l’organisation de lutte contre l’antisémitisme CICAD, ainsi qu’une signalétique de mise en garde accompagnent tout exemplaire en vente. Deux mesures qui sont des propositions de la Cicad. Le député PLR Pierre Weiss devrait s’associer à cette demande.

 


Mise en garde de huit pages
Chez les libraires, le rebondissement de l’affaire au niveau politique n’enthousiasme pas. Pascal Vandenberghe, directeur général de Payot, ne se dit «pas opposé» à ce qu’il y ait un débat, «mais imaginez si chaque canton se dote de sa propre législation, ce sera infernal». Et de plaider pour une réglementation fédérale. Il dit ne pas avoir à appliquer des demandes de la CICAD. «Je ne prends pas mes ordres auprès d’une association.»

 

Pour Johanne Gurfinkiel, "il est regrettable que Monsieur Vandenberghe ait peu de considération pour des traditions très helvétiques que sont le dialogue et le sens du consensus". La déclaration de Monsieur Vandenberghe n’est pas sans nous surprendre compte tenu de sa récente prise de position dans Le Temps du 20 avril 2012 dans lequel il indiquait : « On ne combat les idées avec de bons sentiments et des principes moraux, mais avec une argumentation et une documentation incontestables ». Un propos qui nous semblait pourtant abonder dans le sens des recommandations de la CICAD.

 


Les ventes de «Mein Kampf», rares, sont stables depuis des années et une mise en garde de huit pages figure déjà dans les ouvrages en vente, rappelle le patron de Payot. Pour sa part, Yann Courtiau, libraire au Rameau d’or, à Genève, se dit surpris que l’affaire aille si loin. Il aimerait surtout qu’on laisse retomber «ce p… de livre» dans l’oubli, en n’en parlant tout simplement plus.

 


Une idée peu envisageable pour la Cicad: «Mein Kampf» tombera dans le domaine public en 2016», note Johanne Gurfinkiel, secrétaire général. «On pourra alors trouver des exemplaires sans la mise en garde de l’édition actuelle, soumise au droit français. Nous devons être prévoyants. Les lecteurs ne sont pas toujours adultes.»

 


Sources : Le Matin, Raphaël Pomey, CICAD - lundi 30 avril 2012.

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