Aug

29

2014

Genève: Table ronde sur l'enseignement de la Shoah au 21e siècle

Une Table ronde sur le sujet de l'enseignement de la Shoah au 21e siècle a été organisée dans le cadre du Salon du livre de Genève qui s'est tenu du 30 avril au 4 mai 2014.

Carole Reich, Chargée de mission au Conseil de l'Europe et responsable du programme « Mémoire de la Shoah », Monique Eckmann, Membre de la délégation suisse auprès de l'IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance), Yoni Berrous, Directeur des Séminaires francophones à Yad Vashem et Menno Vroon, artiste du spectacle "Kamp" de la compagnie de théâtre Hotel Modern, ont débattu sur la façon d'enseigner la Shoah au 21e siècle.


Pour Carole Reich, « malgré le grand nombre de rescapés disparus, les jeunes gardent un vif intérêt qu'il est impératif de continuer à susciter». Un point qui n'a pas manqué d'attirer la curiosité d'Olivier Francey, modérateur du débat, qui a souhaité en savoir plus. « Il faut savoir comment présenter cette thématique quand on est enseignant» poursuivit Carole Reich. « La formation est en cela essentielle. n y a différents outils pour répondre aux besoins des enseignants et amener les enfants à se poser la question et se l'approprier. Au sein du Conseil de l'Europe composé d'unecinquantaine de pays membres, il y a certes des dénominateurs communs mais nous nous devons d'adapter la méthode pour chaque pays avec des spécificités historiques propres qui intéresseront élèves et enseignants. J'ajouterai que des matières comme le sport ou l'art plastique peuvent, tout autant que l'histoire, permettre d'aborder le sujet ».

Une vision partagée par Yoni Berrous. « À Yad Vashem, situé à Jérusalem, nous travaillons avec des enseignants du monde entier, ce qui nous permet de voir les similitudes et les différences de points de vue sur le sujet. Notre Institut a été créé pour que les victimes puissent être entendues et nous avons choisi, dans notre enseignement, d'aborder le sujet au travers des victimes. Ce point de vue manquait en occident. Pour exemple, en Allemagne ou en Autriche l'enseignement débute par cette question : "comment en est-on arrivé là ?" Je rejoins par ailleurs Carole Reich sur l'idée d'aborder la Shoah sous de
multiples angles: le sport, l'art mais aussi la philosophie et la littérature, en articulant témoignages et faits historiques. La culture de la mémoire fait partie de notre culture occidentale collective constituée de multiples symboles et figures comme Anne Franck».

Pour Yoni Berrous : « n est important de conserver le point de vue de la victime dans l'enseignement de l'histoire de la Shoah. Parallèlement, il faut ouvrir ces discussions au monde juif avant la guerre qui était un monde riche, un monde de vie».

Joël Herzog, Président de l'Association des Amis Suisses de Yad Vashem, s'est réjoui de la participation de Yad Vashem au Salon du Livre de Genève: «Je suis ravi que Yad Vashem s'associe à cette démarche dans le domaine de l'éducation. Je pense que c'est quelque chose à refaire puisque les problèmes de l'antisémitisme, du racisme et de l'exclusion sont des problèmes récurrents dans nos sociétés ».

Pendant toute la durée du Salon du Livre, Yoni Berrous a mis à la disposition du public du matériel pédagogique élaboré par l'Ecole internationale pour l'enseignement de la Shoah de Yad Vashem et a
répondu aux questions des visiteurs, sur le stand de l'association suisse CICAD (Comité Intercommunautaire Contre l'Antisémitisme et la Diffamation) qui est à l'initiative de sa venue.

 

 

 

Source: magazine Le Lien Francophone, juillet/aout 2014