Dec

30

2014

Ridley Scott privé de Maroc et d’Egypte

CENSURE «Exodus» est accusé de représenter Dieu par les uns et taxé de «sionisme» par les autres.

La fresque biblique de Ridley Scott Exodus : Gods and Kings, sur la fuite hors d’Egypte de Moïse a été déprogrammée des salles de cinéma du Maroc. Le film contient en effet, selon ses censeurs, une scène de «représentation de Dieu» matérialisée par un «enfant qui donne la révélation au prophète Moïse».

Cette déprogrammation, intervenue mercredi lors de la sortie en salle, n’a d’abord pas été motivée officiellement. Exodus avait reçu le «visa d’exploitation» du Centre cinématographique marocain (CCM) avant que les exploitants ne reçoivent, selon le site d’info économique marocain Medias24, un ordre «oral» pour le «déprogrammer», accompagné de menaces de fermeture. Certains Marocains, tel Ahmed Benchemsi, rédacteur en chef du site Freearabs, interviewé par RFI, voient dans cette censure un cadeau inutile fait aux islamistes : «Il y a un imbécile […]qui se dit que ça pourrait poser problème aux plus fanatiques qui prend peur […].Et […]vous avez une horde de couards derrière qui n’osent pas faire le contraire, de peur d’être considérés comme moins musulmans.»

«Je respecte la décision de la commission de contrôle du CCM», a déclaré à l’AFP la distributrice du film et exploitante d’un cinéma à Marrakech, Mounia Layadi Benkirane, tout en la déplorant. Elle avait été la seule à maintenir la diffusion en l’absence de document écrit du CCM. Elle affirme toutefois «ne pas comprendre» et souligne que la déprogrammation d’un film est un fait «très très rare» au Maroc : «L’enfant par lequel Moïse reçoit la révélation dans le film ne dit à aucun moment qu’il est Dieu.»

Exodus «aurait pu faire jusqu’à 35 000 entrées», a-t-elle regretté, soit un chiffre d’affaires pouvant atteindre 1,8 million de dirhams (près de 165 000 euros) pour les cinémas marocains. Pour elle, la polémique sera profitable «aux vendeurs pirates, qui, eux, continuent à écouler le film». De fait, rares sont les spectateurs dans les salles au Maroc, où les films sont généralement consommés en streaming illégal.

Le film avait auparavant été interdit en Egypte, où le ministère de la Culture a estimé qu’il «falsifiait» l’histoire par sa «vision sioniste». Le chef de la censure égyptienne, Abdul Sattar Fathi, reproche au péplum de «prétendre que des juifs ont participé à l’édification des pyramides» et de montrer des Egyptiens «persécutant des juifs pacifiques». Les Emirats arabes unis leur ont emboîté le pas, toujours pour motif d’«erreurs historiques», mais sans entrer dans les détails.

Source: liberation.fr ; 28 décembre 2014

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