Un documentaire relance les accusations d'antisémitisme dans le Labour | CICAD
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Un documentaire relance les accusations d'antisémitisme dans le Labour


11 Jul 2019

Un documentaire de la BBC diffusé mercredi soir a relancé les accusations d'antisémitisme au sein du Labour, principal parti d'opposition britannique, de hauts responsables du parti étant accusés d'ingérence dans la gestion des affaires d'antisémitisme.

L'équipe chargée de gérer les conflits au sein du Labour est censée fonctionner indépendamment des structures politiques du parti, y compris du bureau du leader, Jeremy Corbyn. Mais Sam Matthews, ancien responsable des conflits du parti, a déclaré à l'émission Panorama de la BBC qu'il avait considéré comme un «ordre» un email envoyé en mars 2018 par Seumas Milne, responsable de la communication du leader du parti travailliste, dans lequel celui-ci réclamait de revoir la manière dont les plaintes étaient traitées.

La secrétaire générale du parti, Jennie Formby, est aussi accusée d'ingérence dans le processus disciplinaire.

Le Labour a nié toute ingérence et a reproché à la BBC son traitement «injuste» et «déséquilibré» du sujet. «Nous rejetons totalement toute affirmation selon laquelle le Labour est antisémite. Nous sommes solidaires du peuple juif et nous prenons des mesures décisives pour éliminer le cancer social de l'antisémitisme de notre mouvement et de notre société», a réagi mercredi soir le service de presse du Labour sur son compte Twitter. Les accusations d'antisémitisme empoisonnent le Labour depuis plusieurs années, soulignant de profondes divisions entre ceux qui dénoncent la complaisance de Jeremy Corbyn et l'aile gauche, qui défend son chef.

Pour son émission, la BBC a interviewé huit anciens responsables travaillistes - dont sept ont travaillé au sein du département chargé des plaintes et des conflits du parti. Le documentaire laisse aussi la parole à des membres du parti travailliste de confession juive qui témoignent des insultes qui leur ont été adressés.

Selon l'émission, plus d'un millier de plaintes pour antisémitisme s'accumulaient au printemps, et seulement 15 personnes avaient été exclues. Interrogé à ce sujet, Andrew Gwynne, chargé des communautés au sein du Labour, a expliqué qu'il y avait «beaucoup d'affaires en cours» et que certaines personnes qui faisaient l'objet d'une enquête avaient choisi de quitter le parti de leur plein gré.

Réagissant mercredi soir, le Jewish Labour Movement, qui représente les juifs au sein du parti, a estimé qu' «après avoir vu ce programme, personne ne peut douter que le Parti travailliste soit institutionnellement raciste envers les Juifs».

Le JLM a espéré que «des mesures soient prises», comme des suspensions ou des exclusions du parti, envers ceux reconnus responsables d'actes répréhensibles.

 

 

Source : lefigaro.fr, 10 juin 2019