Chicago : enquête sur un devoir étudiant potentiellement négationniste | CICAD
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Chicago : enquête sur un devoir étudiant potentiellement négationniste


3 Dec 2019

C'est une question complexe sur la double-négation qui est mise en cause dans un cours de marketing, qui aurait été déjà posée dans un sondage sur le négationnisme de l'AJC

Une université de Chicago a démis de ses fonctions un membre de l’une de ses facultés après un devoir donné aux étudiants, dans un cours de marketing, qui présentait une question sur la réalité de la Shoah.

La National Louis University a ouvert une enquête sur l’incident, a annoncé NBC Chicago.

L’objectif du devoir était d’apprendre à identifier les mauvaises questions contenues dans les enquêtes et à les modifier, selon Inside Higher Education.

Cette question posée dans le cadre d’un devoir sur la double-négation était la suivante : « Vous semble-t-il possible ou vous semble-t-il impossible que l’extermination des Juifs n’ait jamais eu lieu ? »

L’une des corrections suggérées à cette interrogation était : « Doutez-vous du fait que la Shoah se soit réellement produite ou non ? »

L’université a fait savoir dans une déclaration que « chaque jour, nous nous efforçons de créer une communauté où chacun peut vivre ce qu’il est en réalité, authentiquement et pleinement. Nous prenons cet incident au sérieux. Nous ne tolérons pas la discrimination, quelle que soit sa forme, et nous avons mis au point une politique de non-rétorsion pour les individus qui déposent plainte pour discrimination. Nous avons ouvert une enquête et nous déterminerons l’action appropriée qui sera à entreprendre une fois que cette enquête sera terminée ».

Deborah Lipstadt, professeure d’histoire moderne juive et d’études de la Shoah à l’Emory University, autrice des ouvrages « Denying the Holocaust » et « Antisemitism: Here and Now », a déclaré au Inside Higher Education que la première question semblait être celle qui avait été posée dans un sondage Roper, en 1992, qui avait été commandité par l’AJC (American Jewish Committee).

En raison de sa formulation médiocre, le sondage avait indiqué qu’il y avait un grand nombre de négationnistes du génocide. La question révisée avait entraîné une baisse du nombre des négationnistes dans l’enquête d’opinion qui avait été faite deux ans plus tard.

Lipstadt a expliqué que poser cette question dans un devoir, à l’heure actuelle, n’était pas « un choix avisé de la part des professeurs ». Elle semble suggérer que la Shoah « est un sujet ouvert au débat, ce qui n’est pas le cas ».

 

Source : The Times of Israël, 2 décembre 2019