Une frange négationniste active en Valais | CICAD
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Une frange négationniste active en Valais


4 Mar 2019

Selon la Cicad, en Suisse romande une frange négationniste est surtout active sur Vaud et en Valais. Un procès intervenu en 2018 à Sierre est là pour le rappeler. Il fait partie des 174 actes répertoriés par la coordination contre l’antisémitisme et la diffamation.

Selon le rapport 2018 de la Cicad, la Suisse romande compte depuis de nombreuses années une frange discrète, mais active, de négationnistes remettant en cause l’Holocauste juif pendant la Seconde Guerre Mondiale, principalement dans les cantons de Vaud et du Valais.

Secrétaire général de la Coordination intercommunautaire juive contre l’antisémitisme et la diffamation en Suisse, Johanne Gurfinkiel n’est pas en mesure de quantifier cette frange valaisanne. Mais il parle de «quelques dizaines d’activistes en Suisse romande qui colportent des idéologies d’extrême droite, ultranationalistes ou encore complotistes.»

174 actes en Suisse romande

«S’il n’existe pas de groupuscule typiquement valaisan, ces idéologies sont véhiculées dans ce canton, le plus souvent dans le milieu rural et via les réseaux sociaux, par des personnes le plus souvent en quête d’identité ou simplement désœuvrées», indique Johanne Gurfinkiel qui, selon des indications sur les réseaux sociaux, évoque pour certains «une capacité de passer à l’acte violent, ainsi que des entraînements au combat.»

Plus généralement, la Cicad parle d’une augmentation de 24% des actes antisémites en Suisse après trois années de chiffres stables. La Cicad a enregistré l’an dernier 174 actes de ce type en Suisse romande, dont deux cas d’agression contre des Juifs à Neuchâtel et dans un train entre Fribourg et Lausanne.

L’affaire Berclaz

En Valais, cet organisme cite une conférence donnée en août dans le local du groupuscule identitaire Résistance Helvétique par Alexandre Gabriac, ancien candidat aux élections cantonales françaises sous l’étiquette Front National.

Mais surtout, la Cicad se réjouit de la condamnation par le Tribunal de Sierre du révisionniste Valaisan René-Louis Berclaz qu’elle avait dénoncé pour discrimination raciale. Ce dernier a écopé, en première instance, de 140-jours-amende pour avoir mis en doute l’existence des chambres à gaz nazies sur internet.

Autant commenté sur les réseaux que l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem

Contacté mercredi par le Nouvelliste, René-Louis Berclaz confirme qu’il a fait appel de ce jugement. L’affaire sera donc rejugée par le Tribunal cantonal. En outre, le prévenu indique qu’il a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse contre la Cicad.

Cette dernière cite la condamnation du Valaisan parmi les événements ayant suscité le plus de commentaires antisémites sur les réseaux sociaux en 2018, aux côtés, notamment, de l’inauguration de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem.

 

Source : lenouvelliste.ch, 3 mars 2019