« Je ne pense pas que ce pan tombe dans l’oubli. Il y’a aujourd’hui une reconstruction de la mémoire et de l’histoire en Allemagne, en particulier sur cette période. » Johanne Gurfinkiel, Secrétaire général de la CICAD | CICAD
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« Je ne pense pas que ce pan tombe dans l’oubli. Il y’a aujourd’hui une reconstruction de la mémoire et de l’histoire en Allemagne, en particulier sur cette période. » Johanne Gurfinkiel, Secrétaire général de la CICAD


15 Mai 2019

Le fabricant de biscuits et gâteaux allemand Bahlsen s'est retrouvé en début de semaine au milieu d'une polémique après les déclarations de Verena Bahlsen, jeune héritière, minimisant les souffrances des travailleurs forcés dans l'entreprise à l'époque nazie. «Tout cela s'est passé avant mon époque et nous avons payé les travailleurs forcés comme les Allemands, nous les avons bien traités», a -t-elle déclaré au quotidien «Bild», avant d'ajouter : «Bahlsen n'a rien à se reprocher.» Des propos inadmissibles pour le Secrétaire général de la CICAD interpellé sur ce sujet par Béatrice Rul au Micro de Radio Lac ce lundi 15 mai 2019. 

« Il s’agit d’abord de bêtise. Cette jeune héritière essaye de redorer le blason de l’entreprise familiale en expliquant que les esclaves qui travaillaient pour Bahlsen étaient bien traités pendant la Seconde guerre mondiale. Comment peut-on est dire de telles choses? Ces propos sont déplorables et pathétiques. Ce n’est pas comme cela que l’on doit rattraper l’image d’une entreprise. Bahlsen est un exemple des nombreuses entreprises qui ont mené cette politique de travailleurs forcés et d’esclavage pour leur prospérité. Bahlsen produisait les biscuits pour l’armée allemande qui partait au front. Ils ont donc participé à l’effort de guerre allemand comme d’autres ».

Un fait d’histoire peu connu du grand public pendant la Seconde guerre mondiale en Allemagne comme le rappelle à l’antenne la journaliste Béatrice Rul aux côtés des autres invités Chantal de Senger, future rédactrice en chef de Bilan et le viticulteur Willy Cretegny.

« En Allemagne vous imaginez la portée de tels propos? » a rétorqué Johanne Gurfinkiel avant de poursuivre « Cela a valu à Verena Bahlsen des vives réactions de toute la presse allemande, à juste titre. Je ne pense pas que ce pan tombe dans l’oubli. Il y’a aujourd’hui une reconstruction de la mémoire et de l’histoire de la population allemande de cette période en Allemagne, en particulier sur cette période  

Un cas loin d'être isolé

"Nous traitons, malheureusement beaucoup de cas liés à l’antisémitisme. C’est l’essence même de l’activité de la CICAD. Je profite d’être sur une antenne de radio pour évoquer un cas récent de propos antisémite constaté sur une radio romande concurrente de Radio Lac . Sous le prétexte de l’humour le chroniqueur demande quel est le signe astrologique qui a des chances d’être le plus riche et la réponse de l’un des chroniqueurs est la suivante: « Ah je croyais que c’était le Juif ». Comment est-il possible d’entendre de tels propos à l’antenne ? Voilà de vieux clichés antisémites diffusés soi-disant avec un prétexte « humoristique ». Cela n’a rien de drôle. En tant qu’association qui se bat quotidiennement contre les préjugés antisémites, il va sans dire que ce type de clichés éculés sur les Juifs et l’argent ne fait qu’alimenter l’antisémitisme."

 

 

 

Pour écouter l’intégralité de l’émission c’est ici