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Affaire Halimi : un groupe de soutien au meurtrier suscite l’indignation


Un « Comité de soutien à Kobili Traoré » réunissant 34 individus a été créé sur Facebook, relate « Le Parisien ». Une plainte pourrait être déposée.

Nouvelle polémique dans le sillage de l'affaire Sarah Halimi, du nom de cette sexagénaire de confession juive tuée par son voisin en avril 2017. Alors qu'une partie de la population accuse encore le coup de voir le meurtrier, Kobili Traoré, échapper à un procès – il a été déclaré pénalement irresponsable, car en proie à une « bouffée délirante aiguë » au moment du meurtre –, la création sur le réseau social Facebook d'un « Comité de soutien à Kobili Traoré » suscite une nouvelle vague de dégoût.

 

Franck Serfati, l'avocat du BNVCA (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme), n'y va pas par quatre chemins : « Dès demain [lundi, NDLR], je dépose une plainte auprès du procureur de la République de Paris », a-t-il assuré dans les colonnes du Parisien, dimanche 2 mai 2021. Les qualifications de « contestation d'une décision de justice » et d'« incitation à la haine » pourraient être retenues. L'homme ne décolère pas face à cette poignée d'individus – le groupe recensait 34 personnes dimanche – qui soutient un criminel. « Comment peut-on renverser les rôles et le faire passer pour une victime ? C'est la plus grave des injustices », fulmine l'homme de droit, confiant dans le fait que les internautes seront identifiés.

Les limites de l'indécence sont repoussées

 

Des anonymes ont également fait part de leur écœurement. « Chaque jour, les limites de l'indécence sont repoussées. Ici, la création d'un « Comité de soutien à Kobili Traoré », l'assassin de Sarah Halimi. Peu importe qu'il ne soit composé que de quelques dizaines de membres. Un seul serait déjà de trop », a notamment persiflé un internaute sur Twitter. « Je n'ose imaginer le choc, la révolte et surtout l'incompréhension que cela a dû susciter au sein de la communauté juive », a abondé le député du Val-d'Oise François Pupponi.

Si le groupe était encore public dimanche matin, selon le quotidien francilien, il était lundi matin « indisponible pour le moment ». « Ce problème vient généralement du fait que le propriétaire ne l'a partagé qu'avec un petit groupe de personnes, a modifié qui pouvait le voir ou l'a supprimé », développe Facebook.

 

Dimanche 25 avril, plus de 25 000 manifestants, selon les autorités, se sont rassemblés à Paris et dans d'autres villes de France, pour contester l'absence de procès après le meurtre de Sarah Halimi, à l'appel de collectifs citoyens et de représentants de la communauté juive. Ils étaient plus de 20 000 dans la capitale, a indiqué en fin de journée le ministère de l'Intérieur, et plus de 6 200 en province. Sous le mot d'ordre « Sans justice pas de République », les manifestants parisiens se sont retrouvés place du Trocadéro à l'initiative d'un collectif « Agissons pour Sarah Halimi ».

 

Source : Le Point, 3 mai 2021