Dieudonné poursuivi en Suisse pour son négationnisme et son antisémitisme | CICAD
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Dieudonné poursuivi en Suisse pour son négationnisme et son antisémitisme


1 Mars 2019

L'humoriste Dieudonné a été dénoncé pénalement en Suisse auprès du ministère public pour des faits de négationnisme lors d'un spectacle à Nyon au courant du mois de janvier.

La Suisse n’est de loin pas épargnée par la hausse de l’antisémitisme. En 2018, quelque 174 actes, dont deux agressions violentes ont été recensés dans la partie romande de la Confédération helvétique, soit 17 de plus que lors de l'année précédant selon le rapport annuel de la Cicad (Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation). C'est dans ce contexte que l'humoriste antisémite Dieudonné a donné un spectacle dans la commune de Nyon courant janvier.

La Cicad considère qu'au cours de sa prestation, l'artiste controversé s'est livré à des propos négationnistes. "Il y a cette phrase où un personnage dit: «Je dois t’avouer que les chambres à gaz n’ont pas existé»", a fait savoir un dirigeant de l'association auprès de la Tribune de Genève. La Cicad a dénoncé les propos de l’humoriste devant le Ministère public du canton de Vaud. "Le Ministère public doit instruire notre dénonciation et décidera, ou non, de poursuivre les propos de Dieudonné", précise le dirigeant.

Depuis 2002, Dieudonné a fait l'objet de nombreuses procédures judiciaires en France. Il a notamment été condamné, en mai 2016, à deux mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende pour "injure raciale et provocation à la haine" en raison de propos antisémites tenus dans son spectacle La Bête immonde.

Dieudonné a notamment permis aux thèses négationnistes de Robert Faurisson de sortir de l'ombre et d'être accessibles à un très large public. En 2008, sur la scène du Zénith de Paris et devant 5.000 spectateurs, l'écrivain négationniste avait reçu le prix fictif de "l'infréquentabilité et de l'insolence". Dieudonné et Robert Faurisson s'étaient également retrouvés dans deux sketchs diffusés sur Internet.

 

 

Source : francesoir.fr, 28 février 2019