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Interview : Pascal Bresson se confie à la CICAD


"Beate et Serge Klarsfeld, un combat contre l’oubli"
Pascal Bresson - Sylvain Dorange
Aux Editions « La Boite à Bulles »

 

Interview réalisée par Réfaëla Trochery

 

Notre première rencontre s’est déroulée au « Café littéraire » de la CICAD, sur son stand, au Salon du Livre 2019. Avec passion, vous évoquiez « L’immortelle » et votre émouvante rencontre avec cette femme remarquable, cette icone que fût Simone Veil. D’abord sceptique, la grande dame, au regard émeraude, vous avait, finalement, laissé la « croquer » sous le regard bienveillant de son fils, Jean Veil. Quel honneur, disiez-vous, que de retracer la vie de celle pour qui le plus important combat n’est pas celui dont la loi porte son nom mais celui, revendiquait-elle, de la lutte contre les extrêmes. Avec pudeur, vous avez évoqué sa disparition, survenue en cours de rédaction de l’ouvrage, qui laissa durant de nombreuses semaines, les bulles s’emplir de silence.  Puis la BD sortit, en quatre couleurs pour segmenter la pluralité de ce destin singulier.
C’est dans les embruns vivifiants de St Malo que nous nous retrouvons pour anticiper la sortie, le 9 septembre prochain, de votre nouveau roman graphique "Beate et Serge Klarsfeld, un combat contre l’oubli".

 

Pourquoi, après « l’Immortelle », puis l'adaptation, en BD, du livre "Elle s’appelait Sarah » de Tatiana de Rosnay, reprendre la plume et le pinceau pour évoquer les mémoires de l’illustre Couple Klarsfeld ?

Pascal Bresson : Depuis l’âge de quinze ans, ce couple mythique me fascine. C’est la rencontre improbable, en 1960, sur un quai du métro parisien, d’une jeune fille allemande et d’un fils de déporté juif. Je suis admiratif du combat qu’ils ont mené, main dans la main, 45 ans durant, pour traquer inlassablement, un à un, les bourreaux nazis, impunis, afin de les faire juger.

 

Comment s’est passée votre rencontre avec Beate et Serge Klarsfeld ?

PB : En fait très simplement, après un échange de courriers, le couple m’a accueilli chez eux. Au départ, circonspects, ils ont finalement compris ma démarche, l’objectif de la bande dessinée et le merveilleux outil didactique de transmission qu’il représente. La préface qu’ils ont rédigée, en témoigne. Très vite, Beate et Serge m’ont confié leur ouvrage « Mémoires » et moult documents. Ils m’ont également fait cadeau de nombreuses photos inédites de la famille Klarsfeld, retraçant toute une vie ; elles figureront dans un cahier de 8 page, à la fin de la BD. Tous trois, nous travaillions, un jeudi toutes les deux semaines, et Serge relisait avec célérité mes planches, dans l’intervalle. Je suis très impressionné par la prodigieuse mémoire de Serge, capable de se souvenir des moindres détails de situations vécues, il y a 45 ans. Leur simplicité force l’admiration, tout comme les regards de fierté et d’amour qu’ils continuent à s’échanger.