×

Municipal comparé à un nazi. «Ces vils propos me blessent et me choquent»


Jeudi 8 décembre 2022 - 14:01

Mardi soir au Conseil communal de Lausanne, le débat sur la mendicité a été tendu. Pierre-Antoine Hildbrand se dit injurié. Le syndic parle de «dérapage».

C’était mardi soir au Conseil communal de Lausanne. Alors que le municipal de police Pierre-Antoine Hildbrand (PLR) exposait la politique des autorités sur la mendicité, prônant «l’émancipation par le travail», une élue d’extrême gauche n’avait pas hésité à le comparer à un nazi. «Cela me rappelle une période très, très sombre de l’histoire allemande, hashtag #Arbeit Macht Frei», avait ainsi déclaré Franziska Meinherz (Ensemble à Gauche). «Ces propos sont intolérables, en particulier dans le débat politique et dans l’hémicycle du Conseil communal. Ils me choquent», réagit aujourd’hui Pierre-Antoine Hildbrand.

La Municipalité se fendra d’une lettre

Pour le municipal, les mots de Franziska Meinherz illustrent «la dramatique utilisation frauduleuse des références à la Shoah, le génocide des Juifs d’Europe. Une posture qui participe à banaliser cet événement criminel.» Il se dit blessé par «ces vils propos». «Que retenir d’une assertion qui assimile un adversaire politique à un nazi? La conseillère communale m’injurie gravement et donne une image peu reluisante du débat politique.» Le municipal en profite pour réaffirmer son engagement contre «l’extrémisme violent, la dénonciation des falsificateurs de l’histoire, des racistes et des antisémites», action qu’il poursuivra «imperturbablement» comme responsable de la police. Il ne portera pas plainte. «Ce ne serait pas adapté à l’idée que je me fais des débats démocratiques.»

Le syndic Grégoire Junod (PS) parle quant à lui de «dérapage». «On peut avoir des désaccords sur le sujet de la mendicité, ce n’est pas nouveau, mais ce n’est pas comme cela qu’on doit aborder le débat démocratique.» La Municipalité a décidé d’écrire à l’élue d’extrême gauche, ainsi qu’au bureau du Conseil communal, pour leur exprimer son avis. «On ne peut pas dire tout et n’importe quoi.»

«Je n’avais pas l’intention de comparer Pierre-Antoine Hildbrand aux nazis.»

Franziska Meinherz, élue d’Ensemble à Gauche

Franziska Meinherz assure de son côté qu’elle n’avait pas l’intention de comparer Pierre-Antoine Hildbrand ou la Municipalité aux nazis. «Je voulais simplement rappeler que par le passé, les nazis avaient tenu un discours similaire et violent sur la communauté Rom et que cela avait conduit à un génocide.»

Johann Dupuis est le président du groupe Ensemble à Gauche au Conseil communal. Il soutient les propos tenus par sa collègue de parti. «Si une bourde a été commise mardi soir, et s’il y a bien quelqu’un qui doit présenter des excuses, c’est le municipal Pierre-Antoine Hildbrand lui-même. C’est lui qui a formulé en premier cette référence historique malheureuse, en parlant d’émancipation par le travail. Il devait bien s’attendre à des réponses courroucées.»

 

Source : 24heures, 22 septembre 2022