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Pro-nazis agressifs condamnés


Justice » Un Glânois de 39 ans et un Vaudois de trente ans ont été condamnés pour injures, discrimination, incitation à la haine et dérangement d’auberge qu’ils avaient transformée en lieu de manifestation nazie.

A eux deux, en septembre de l’an dernier, ils avaient transformé la terrasse d’une auberge glânoise en manifestation nazie, agressant et terrorisant les consommateurs: un Glânois de 39 ans et un Vaudois de trente ans ont été condamnés par le Ministère public fribourgeois à quarante jours-amende avec de longs sursis et à des amendes fermes de 1000 francs pour injures, discrimination, incitation à la haine et dérangement d’auberge.

«Dérangement», le mot est faible. Arborant pull et médaillon à croix gammée, les deux énergumènes s’étaient installés après avoir marqué leur territoire en répondant au patron, interloqué, qu’ils étaient dans un pays démocratique, et libres de dire, penser et porter ce qu’ils voulaient.

Ce qu’ils voulaient, c’était clamer des propos raccords avec leurs tenues, vomissant leur bile sur les «sales nègres», «sales Arabes» et les «PD», avant de multiplier les saluts nazis, la main sur le cœur, en criant des «Sieg Heil» et des «Heil Hitler» et en saluant bien bas l’action de l’Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale devant un public dont une bonne partie, choquée, écœurée et effrayée, a déserté le champ de bataille.

Les deux excités ont ensuite obligé, sous la menace, un des consommateurs à faire à son tour, et plusieurs fois, le salut nazi malgré son refus. Un client traité de «sale négro» a porté plainte. L’intervention du patron, qui demandait aux nazillons de se calmer parce qu’il n’acceptait pas ce genre de comportements, s’est soldée par un «rien à foutre» tonitruant.

Les perquisitions menées chez les deux activistes ont été instructives: bijoux et briquets à symboles nazis, habits siglés, drapeau nazi, photocopie de la carte d’identité de leur idole moustachue, Deutsche Marks d’époque, cran d’arrêt et batte de baseball. Tout pour bien faire au soir du Grand Soir.

 

Source : La Liberté, 20 juillet 2022