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Vaccination et Shoah, un amalgame qui fâche


Johanne Gurfinkiel, le secrétaire général de la CICAD dit sa colère au micro de Léman Bleu

Vendredi 24 septembre 2021 - 10:47
Johanne Gurfinkiel, le secrétaire général de la CICAD dit sa colère au micro de Léman Bleu

Ce week-end des manifestations ont eu lieu en France, où certains non vaccinés ont porté une étoile jaune. Les références à la Shoah n'étaient pas rares, ce qui a suscité de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux.

 

Le député Mauro Poggia exprime son indignation dans son blog de la Tribune de Genève. Il a confirmé cela à notre micro: «quand on essaie de se faire passer soi-même pour un défenseur de la liberté collective, comme l'était ceux qui malheureusement ont été les martyrs de la dernière guerre, pour essayer de faire la promotion de la non-vaccination, je pense que l'on franchit un pas intolérable».

 

Les personnalités politiques genevoises réagissent également. Natacha Buffet-Desfayes, députée au Grand Conseil, écrit sur Facebook: «qu'on fasse des amalgames débiles, abjectes et dangereux entre l'étoile jaune et la vaccination... Ne passe pas du tout!».

 

Un amalgame récurrent

 

Il y a quelque mois déjà, des images d'Alain Berset et Mauro Poggia entourés de références nazies circulaient.

 

Les références à la Shoah ne sont pas une nouveauté. Elles sont utilisées régulièrement lorsqu'un sujet fait polémique.

 

Johanne Gurfinkiel, le secrétaire général de la Coordination Intercommunautaire contre l'Antisémitisme et la Diffamation (CICAD) dit sa colère. «On utilise un symbole de la Seconde Guerre mondiale, parce que ça va être l'argument ultime pour essayer de démonter l'argument de l'adversaire. Ça a de toute façon un écho au sein de populations, parce que l'objectif numéro un est de choquer, d'interpeller et parfois de décomplexer un certain nombre d'acteurs, antisémites ou pas, pour créer une espèce de contre-campagne vaccinale», ajoute Johanne Gurfinkiel. 

 

On peut s'interroger sur les conséquences juridiques que pourraient avoir de tels propos. L'article 261bis du code pénal sanctionne quiconque nie ou minimise un génocide. Or, à ce jour, aucune procédure n'a été initiée.

 

Source : Léman Bleu, 21 juillet 2021