Grève féministe vaudoise : la CICAD dénonce l’exclusion des sionistes

Grève féministe vaudoise : la CICAD dénonce l’exclusion des sionistes

À l’approche de sa manifestation du 13 juin à Lausanne, la Grève féministe vaudoise affirme refuser toute instrumentalisation de ses luttes « à des fins racistes, islamophobes, antisémites, transphobes ou discriminatoires ». Dans le même message, elle déclare pourtant que les « positions pro-israéliennes et sionistes » n’ont « pas leur place » dans le cortège. La CICAD relève la contradiction.

 

On ne peut pas prétendre combattre l’antisémitisme et, dans la même phrase, écarter celles qui se reconnaissent dans le sionisme, c’est-à-dire dans le droit du peuple juif à disposer d’un État. Pour une large majorité de Juifs, ce lien fait partie de leur identité.

En faire un motif d’exclusion revient à trier les Juifs entre ceux que l’on tolère et ceux que l’on écarte. Aucun autre groupe ne se voit demander de renoncer à un pan de son identité pour défiler. Ce test, imposé aux seuls Juifs, correspond à ce que décrit la définition de l’antisémitisme retenue par l’IHRA.

 

Cette exclusion n’a rien de théorique. Le 8 mars 2025, lors de la marche pour les droits des femmes organisée à Lausanne par le même collectif, une cinquantaine de femmes arborant des symboles juifs, venues dénoncer les violences commises le 7 octobre 2023, s’étaient vu barrer la route et avaient été écartées du défilé. Un féminisme qui proclame « on vous croit » à toutes les femmes ne peut pas refouler celles qui viennent pleurer d’autres femmes.

 

Si des élus ont relayé ou approuvé ce message, la CICAD les appelle à clarifier publiquement leur position. Le soutien d’un élu n’est pas une opinion privée : il engage une responsabilité et un devoir d’égalité de traitement envers tous les administrés, Juifs compris.

 

Dans un contexte de forte hausse des actes antisémites, la CICAD, qui représente statutairement les communautés et associations juives de Suisse romande, rappelle qu’une lutte contre les discriminations n’est crédible que si elle vaut pour tous. Elle ne peut se construire en mettant une partie de la population à l’écart. La CICAD appelle les élus et les autorités à dénoncer publiquement cette dérive.