Extrême droite négationniste : une réunion néonazie empêchée dans le canton de Vaud

Extrême droite négationniste : une réunion néonazie empêchée dans le canton de Vaud

La CICAD prend acte de l’annulation, samedi 11 juillet, d’une conférence qui devait réunir plusieurs figures du négationnisme et du néonazisme français à La Chaux-sur-Cossonay.

La réservation avait été faite au nom d’un habitant de la région. Rien n’en laissait deviner la nature. Le thème annoncé, « quel avenir pour l’Europe blanche ? », avait été relayé dans Rivarol, publication antisémite parisienne. L’inscription passait par une adresse électronique reprenant le nom d’un ancien SS.

Prévenu quelques heures avant la tenue de l’évènement, le Syndic, Pascal Rossy s’est rendu sur place avec la gendarmerie pour signifier l’annulation de la location. Les organisateurs ont quitté les lieux.

La CICAD salue la réaction du Syndic. Elle a été rapide et ferme. Elle rappelle qu’une commune dispose des moyens de refuser que ses locaux servent de refuge à la haine.

Les intervenants annoncés en donnaient d’ailleurs la mesure : leurs parcours sont jalonnés de condamnations.

Vincent Reynouard est l’un des principaux propagandistes négationnistes de langue française. Condamné à de multiples reprises pour contestation de crime contre l’humanité, il avait fui au Royaume-Uni, avant d’être interpellé en Écosse en novembre 2022, puis extradé vers la France en février 2024. Il a de nouveau été condamné en juillet 2025 à six mois de prison pour avoir présenté la Shoah comme une « rumeur ».

Jérôme Bourbon dirige Rivarol, hebdomadaire fondé dans l’héritage pétainiste. Il a été condamné une quinzaine de fois, notamment pour provocation à la haine, injure raciste et contestation de crime contre l’humanité. Son journal est allé jusqu’à consacrer une pleine page à la réhabilitation d’Adolf Eichmann, organisateur de la logistique de l’extermination.

Christophe Picard, alias Henri de Fersan, se revendique ouvertement fasciste. Il a été condamné pour diffamation à caractère antisémite, puis pour apologie de crime de guerre à propos des pendaisons de Tulle commises par la Waffen-SS. On lui doit la traduction française des Carnets de Turner, roman qui a servi de matrice idéologique au terrorisme suprémaciste blanc.

Ces noms rappellent une réalité que la CICAD documente depuis des années. L’extrême droite négationniste ne disparaît pas. Elle se déplace, se dissimule et cherche des salles discrètes.

En Suisse romande, ce mode opératoire est connu. Le groupuscule d’extrême droite radicale Résistance helvétique, né en Valais en 2016 puis étendu aux autres cantons, a déjà abrité de telles conférences. Réservation anonyme, lieu tenu secret, public trié : la méthode se répète.

« Le négationnisme n’est pas une opinion, c’est un délit. Ceux qui devaient parler à La Chaux-sur-Cossonay ont déjà fait l’objet de condamnations. Cette affaire rappelle la nécessaire vigilance face à l’activisme de ces réseaux, qui ne relève pas du passé, mais du présent », déclare Johanne Gurfinkiel, Secrétaire général de la CICAD.

La CICAD restera attentive à la présence et à l’activité de ces réseaux en Suisse romande. Face au négationnisme, la vigilance demeure de mise, aujourd’hui comme hier.