Dîner-conférence de la CICAD avec le Conseiller fédéral Ignazio Cassis : un engagement réaffirmé face au torrent d’antisémitisme

Dîner-conférence de la CICAD avec le Conseiller fédéral Ignazio Cassis : un engagement réaffirmé face au torrent d’antisémitisme

La CICAD a tenu lundi 11 mai 2026 un dîner-conférence à Genève, en présence du Conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du Département fédéral des affaires étrangères.

La soirée a réuni un parterre de personnalités institutionnelles, diplomatiques, politiques et religieuses. Une soirée qui, avant même de commencer, a bénéficié d’une animation extérieure non prévue au programme : une manifestation s’est en effet tenue à nos portes, rappelant à ceux qui en doutaient encore que la liberté démocratique que certains invoquent est précisément celle qu’ils cherchent à restreindre.

 

Une question posée d’emblée

Depuis plus de trente ans, la CICAD œuvre avec constance contre l’antisémitisme, sous toutes ses formes. Ce travail fait aujourd’hui l’objet d’une campagne organisée de délégitimisation. C’est dans ce contexte que le Secrétaire général Johanne Gurfinkiel a ouvert la soirée par une question directe : serait-il illégitime pour la CICAD de poursuivre sa mobilisation contre l’antisémitisme, quelle que soit la forme qu’il revêt ?

La réponse est dans la question. Résister, ce n’est pas s’entêter. C’est refuser que la haine devienne ordinaire.

 

La parole du président

Le président Laurent Selvi a rappelé la réalité des chiffres : 2’438 actes antisémites recensés en Suisse romande en 2025, un nouveau record. Dans un discours centré sur le dévoiement du langage et la responsabilité collective, il a adressé deux demandes précises au Conseil fédéral et au Parlement : l’interdiction des symboles nazis au plan fédéral et l’adoption de la définition opérationnelle de l’antisémitisme de l’IHRA, déjà reconnue par 47 gouvernements et plus de 1’300 entités dans le monde.

 

 

 

La parole du Conseiller fédéral

Dans un discours fort et engagé, Ignazio Cassis a placé la lutte contre l’antisémitisme au cœur d’un enjeu de résilience démocratique. Dans un monde où la confusion est devenue une arme politique, l’antisémitisme ne menace jamais seulement les Juifs, — il révèle une société qui doute de ses propres fondements. Il a rappelé l’engagement de la Suisse à l’OSCE et l’adoption d’une première stratégie nationale contre le racisme et l’antisémitisme. Sa conclusion : les démocraties se fragilisent progressivement, lorsque la brutalité finit par devenir normale.

 

Un échange animé par le vice-président Lionel Halperin

La conférence s’est prolongée par un moment de questions-réponses animé par le vice-président de la CICAD, Lionel Halperin. Interrogé sur l’adoption de la définition IHRA, Ignazio Cassis a estimé que le contexte actuel rend peut-être ce débat plus urgent qu’il ne l’était il y a quelques années, invitant les parlementaires présents à s’en saisir proactivement. Sur la question de la paix, il a rappelé une conviction forte : la paix ne se délègue pas aux institutions, — c’est chaque citoyen qui, chaque jour, doit choisir de la construire.

 

La CICAD poursuit ses travaux

La soirée a été ponctuée par la projection d’un film produit par la CICAD. — Un regard posé sur ce que nous sommes au-delà des fantasmes, ce que nous faisons, et pourquoi notre action porte.

Ce dîner-conférence s’inscrit dans une dynamique institutionnelle que la CICAD entend poursuivre. Le 16 juin prochain, la CICAD accueillera en marge de son Assemblée générale, la Conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider, cheffe du Département fédéral de l’intérieur, pour une rencontre centrée sur la stratégie nationale contre le racisme et l’antisémitisme. Une occasion de prolonger le dialogue engagé avec le Conseil fédéral, et d’ancrer davantage l’action de la CICAD dans le cadre des engagements de la Confédération.