Rapport CICAD sur l’antisémitisme en Suisse romande : Augmentation de 89.5%, la Suisse face à une crise alarmante

Rapport CICAD sur l’antisémitisme en Suisse romande : Augmentation de 89.5%, la Suisse face à une crise alarmante

Le rapport 2024 sur l’antisémitisme en Suisse romande dresse un constat alarmant : une augmentation de 89,52 % des actes antisémites a été enregistrée, totalisant 1 789 incidents. Ces chiffres révèlent une réalité glaçante : l’antisémitisme n’est plus un phénomène marginal, il gangrène aujourd’hui nos écoles, nos rues et nos plateformes en ligne.

Des actes d’une très grande violence

Parmi les incidents recensés, 42 actes ciblés ont été signalés. Parmi les plus graves :

  • À Genève, une élève juive de 10 ans a été frappée au visage, tirée par les cheveux et rouée de coups de pieds aux jambes par trois camarades lui criant : « Il n’y a pas de place pour les Juifs dans le monde ! » tout en filmant la scène.
  • À Lausanne, un homme portant une kippa a été agressé dans un supermarché. Poussé et frappé, l’agresseur lui a crié « Les terroristes, c’est vous ! »

Des menaces verbales ou écrites se sont multipliées :

  • Une famille juive de Lausanne a trouvé un message menaçant dans leur boîte aux lettres : « Nous ne voulons pas de vous ici, partez avant qu’il ne soit trop tard ».
  • Le bureau d’un avocat juif, a été forcé. Les cambrioleurs ont laissé des documents éparpillés et ont tagué le mur avec la phrase : « Le monde sera purifié des sionistes ».

Les écoles, nouveaux foyers de haine

Le système éducatif n’est pas épargné. Des saluts nazis se multiplient dans les cours de récréation, des élèves juifs sont victimes d’insultes et de violences, et des enseignants comparent les Juifs aux nazis en classe.

Lors de manifestations et d’occupations universitaires, des slogans appelant à l’éradication du seul Etat juif ont été scandés.

Cette banalisation de la haine met en péril les valeurs fondamentales de respect qui devraient prévaloir au sein des établissements scolaires.

Les réseaux sociaux, catalyseurs de la haine

72,1 % des incidents recensés se sont déroulés en ligne. Des plateformes telles qu’Instagram, X (anciennement Twitter) et Telegram servent de caisse de résonance pour des théories complotistes et des appels à la violence. L’anonymat et la viralité de ces médias sociaux permettent une diffusion massive de contenus antisémites, rendant la lutte contre cette haine plus urgente que jamais.

Appel à l’action : le silence n’est plus une option

Face à cette situation intolérable, la CICAD appelle à une mobilisation immédiate :

  • Application stricte de la loi : Les auteurs d’actes antisémites doivent être poursuivis et sanctionnés avec la plus grande fermeté.
  • Renforcement de l’éducation : L’intégration de programmes pédagogiques de – sensibilisation est indispensable pour prévenir la haine dès le plus jeune âge.
  • Lutte contre la haine en ligne : Une collaboration étroite avec les plateformes numériques est nécessaire pour endiguer la propagation des discours antisémites.
  • Condamnation unanime : Chaque acte antisémite doit être publiquement et systématiquement dénoncé.

La Suisse ne peut plus fermer les yeux. L’antisémitisme ne doit jamais devenir une norme tolérée. Il en va de la défense de nos valeurs et de notre humanité commune.