Les Brandons se dotent d’une charte pour éviter une nouvelle polémique
Les Brandons se dotent d’une charte pour éviter une nouvelle polémique
L’an dernier, des tags aux relents racistes étaient apparus sur des vitrines du centre-ville. Les organisateurs sont sur leurs gardes.
- Une charte a été créée pour prévenir les incidents discriminatoires aux Brandons.
- La Cicad salue le dialogue constructif engagé avec la Municipalité de Payerne.
- Le syndic Lionel Voinçon s’est retiré du collectif des Barbouilleurs de la manifestation.
- Les 131es Brandons se dérouleront du 20 au 23 février à Payerne.
Le Comité des masqués (CDM) compte les jours. Le 20 février, les 131es Brandons de Payerne s’ouvriront, un an après une polémique qui avait ébranlé la manifestation. Lors du «barbouillage» des vitrines, des tags aux relents antisémites et racistes étaient apparus, déclenchant l’ouverture d’une instruction pénale par le Ministère public.
«Cette édition s’inscrit dans une continuité renouvelée», glissent les organisateurs. «Mais cela n’a rien à voir avec ces événements, assure le président par intérim, Stéphane Wenger. Nous avons introduit pas mal de nouveautés ces dernières années, ce n’est pas le cas cette fois-ci.»
Une charte pour les Brandons
Depuis, une réflexion a été entreprise avec chaque acteur des Brandons – dont les Barbouilleurs, évidemment – et des institutions de lutte contre les discriminations, à l’initiative du CDM. «Pour prévenir de nouveaux incidents tout en conservant l’esprit taquin des Brandons, une charte a été créée. Elle sera mise à disposition de chacun sur notre site internet», indique la responsable communication, Melinda Navarro.
La Municipalité, qui soutient la démarche, en a pris connaissance mais ne commente pas davantage. Le syndic Lionel Voinçon, qui faisait partie des Barbouilleurs, nous a confirmé s’être retiré de ce collectif.
«Le document contient différentes recommandations, afin que chacun puisse prendre conscience de l’évolution de la société et éviter de blesser les personnes qui ne comprendraient pas ce genre de satire, sans toutefois supprimer cette pratique qui fait partie de l’essence même des carnavals», reprend Melinda Navarro.
La procédure étant encore pendante, le CDM ne s’exprimera pas davantage. Il ne dira ainsi pas si l’action des Barbouilleurs sera davantage contrôlée.
Bien que choquée par les événements de 2025, la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad) retient que la situation a évolué dans une direction très positive à Payerne. «Un dialogue franc, exigeant mais constructif, a été engagé avec la Municipalité. Il a permis la mise en place d’un partenariat solide, notamment autour du projet de mémoire sur l’assassinat d’Arthur Bloch en 1942», explique son secrétaire général, Johanne Gurfinkiel.
Bien que convaincu d’une prise de conscience collective réelle, «y compris dans la manière de préparer l’édition 2026», il note que la Cicad restera vigilante. «Et puis pourquoi ne pas imaginer, un jour, la présence d’un char à nos couleurs, en phase avec le ton général de ce défilé et porteur de messages sur la cohésion sociale, la mémoire et le vivre-ensemble? Ce serait une belle manière de tirer des leçons du passé sans renoncer à la fête ni à l’intelligence», conclut-il.
Les Brandons 2026 en bref
La 131e édition des Brandons aura lieu du 20 au 23 février. Pour s’y plonger de manière concrète – plus encore qu’en parcourant les 52 pages de son journal satirique ou qu’en écoutant Radio Brandons (FM 90.5 ou en ligne du 16 au 22 février), plusieurs rendez-vous sont recommandés par le Comité des masqués. Parmi eux, les différentes prestations des 12 Guggenmusik engagées. Notamment le samedi à l’occasion du concert de 13 h 26 ou de la Méga Battle de 20 h 26, auxquels participera la Rolls, ou plutôt la Mercedes du genre: la S3 venue tout droit de Heitersheim, en Allemagne.
Difficile de ne pas mentionner le cortège des enfants (1040 élèves, 540 musiciens, le samedi à 14 h 26) ou le grand cortège du lendemain (14 h 26), baptisé «Retour de manivelle» parce qu’il renoue avec son parcours habituel. Sans oublier l’ambiance de la cantine et des bars de Payerne pour les noctambules, où la fête se terminera tard lundi avec la traditionnelle Nuit des chineuses.
